De Monaco à Chantilly. Une princesse des Lumières en quête de liberté.
Château de Chantilly
18 octobre 2025 – 4 janvier 2026
chateaudechantilly.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
De Monaco à Chantilly.
Une princesse des Lumières en quête de liberté.
[Extrait du dossier de presse]
Après le destin romantique de Louise d’Orléans, première reine des Belges, en 2024, le musée Condé explore le parcours et le rôle de mécène des arts d’une autre figure féminine méconnue qui a marqué son histoire : Marie Catherine de Brignole-Sale, princesse de Monaco puis de Condé. Grâce à un partenariat ambitieux noué avec le palais princier de Monaco, cette exposition inédite, fruit d’un projet de recherche croisé entre les archives du palais princier de Monaco et celles du musée Condé, dévoile la vie romanesque et la commande artistique d’une figure hors du commun, entre siècle des Lumières et Révolution.
Cette figure méconnue de notre histoire forme un trait d’union entre deux princes importants du XVIIIe siècle, Honoré III de Monaco et Louis Joseph de Bourbon-Condé. Originaire de Gênes, Marie Catherine de Brignole-Sale (1738-1813) épouse le prince Honoré III de Monaco en 1757. Leur mariage rapidement malheureux aboutit à une séparation retentissante, suscitée, entre autres, par les sentiments que la princesse nourrit pour le prince de Condé, seigneur de Chantilly. Désormais indépendante, Marie Catherine devient une princesse des Lumières et une mécène engagée.
Non loin de Chantilly mais à une certaine distance tout de même, Marie Catherine élit le château de Betz (Oise) comme son ultime refuge. Là, en miroir de ce que le prince de Condé imagine au Palais Bourbon ou à Chantilly, elle est la promotrice d’une aspiration nouvelle, rousseauiste, d’un retour à la nature, mais aussi du goût pour les fabriques pittoresques, ornant les jardins qu’on appelle « anglo-chinois ». En cette fin de XVIIIe siècle, la visite de jardins est devenue un passe-temps à la mode, et ceux qui, comme la princesse de Monaco, ne peuvent se rendre à la cour, utilisent leurs jardins et leurs fabriques pour s’attirer la compagnie de personnalités en vue. D’un temple de l’Amitié à l’autre, les sentiments que ce couple de princes esthètes partagent sont immortalisés dans la pierre, le marbre ou le plâtre, grâce à Jean Baptiste Pigalle ou Claude Dejoux. Autour d’elle, autour d’eux, gravitent architectes, sculpteurs, paysagistes, peintres ou dessinateurs parmi les plus novateurs et talentueux des derniers feux de l’Ancien régime.
La Révolution française frappe la princesse de Monaco et le prince de Condé de plein fouet. L’implacable prince du sang prend rapidement la tête de l’une des principales armées de la contre-révolution et la princesse de Monaco le suit sur les routes d’une émigration ballottée dans l’Europe entière, de l’Italie jusqu’en Russie. L’exposition permet de suivre l’épopée romanesque d’un couple en révolution, entre désespoir et sens de l’honneur. Les épreuves ne cessent vraiment qu’à la faveur des dernières années en Angleterre (1801-1813), où, enfin, la princesse de Monaco désormais veuve peut épouser son éternel amant et devenir, enfin, princesse de Condé, avant de rendre son dernier souffle en 1813, à Wimbledon, sans avoir eu l’occasion de retrouver la France. L’émouvant contrat de mariage d’un couple âgé de plus de 70 ans, éloigné de sa patrie, vient clore cette première manifestation monographique dédiée à la princesse de Monaco. Elle vise à redonner sa place à cette grande mécène, mieux cerner son rôle dans le domaine des arts, et ressusciter ses hôtels, parcs et châteaux grâce à des sculptures, tableaux, dessins, gravures et documents d’archives inédits.



Exposition in situ De Monaco à Chantilly © Château de Chantilly
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
présentées par les commissaires de l’exposition
Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine,
directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval, Château de Chantilly
et Thomas Fouilleron, directeur des Archives et de la Bibliothèque
du palais princier de Monaco.
Marie Catherine de Brignole-Sale, princesse de Monaco

Claude Dejoux (Vadans, 1732-Paris, 1816),
Marie Catherine de Brignole-Sale, princesse de Monaco, 1783
Terre cuite sur piédouche en marbre
Paris, musée du Louvre, inv. RF 3150
© GrandPalaisRmn / Musée du Louvre – Franck Raux
Née à Gênes le 16 septembre 1738, fille unique du marquis de Brignole-Sale et nièce du doge, Marie Catherine est issue de l’une des plus puissantes familles de cette influente république méditerranéenne. Élevée à Paris, la jeune femme est remarquée par le prince Honoré III de Monaco (1720-1795), qui fréquente alors sa mère… Bien qu’ayant espéré une alliance plus prestigieuse dans la noblesse française, le prince se résout à envisager ce parti moins noble mais plus lucratif. Après les noces fastueuses du 15 juin 1757 à Monaco où s’expriment bien des crispations protocolaires, Marie Catherine est d’abord une épouse amoureuse, tenant son rang. Mais cette union avec « la plus jolie femme de France » (selon Walpole) se dégrade progressivement.
Claude Dejoux fait partie de l’équipe de sculpteurs travaillant au décor de l’opéra royal de Versailles sous la direction de Pajou, avant d’être reçu à l’Académie royale en 1779. Il est ensuite au service de la princesse de Monaco à Betz. Ce buste est l’un de ses chefs-d’œuvre : délicatesse du modelé du visage, virtuosité de la chevelure, expression détachée révélant une sensibilité intérieure un peu mélancolique alliée avec une certaine hauteur aristocratique. Il s’agit du modèle probable du marbre exposé au Salon de 1785.
Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé

Louis Carrogis, dit Carmontelle (Paris, 1717-1806),
Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé, 1762
Mine de plomb, aquarelle, sanguine et gouache
Chantilly, musée Condé CAR 5
© RMN-Grand Palais / Domaine de Chantilly – René Gabriel Ojeda
Veuf depuis 1760, le prince de Condé rencontre Marie Catherine à la cour en 1761. L’année suivante, il remporte les rares victoires françaises de la guerre de Sept Ans, à Grüningen et à Johannisberg, qui l’auréolent de triomphe : ces noms sont justement inscrits ici sur une caisse de lauriers. Les premières marques de tendresse apparaissent dans les lettres qu’il échange avec la princesse de Monaco dès 1764, tandis que les rumeurs de liaison vont bientôt bon train.
La nouvelle princesse de Monaco donne naissance à deux petits princes. Elle tient son rang au sein de l’hôtel de Matignon, résidence du couple à Paris. L’ennui qui la gagne, les rumeurs de sa liaison avec le prince de Condé, son refus de se rendre à Monaco, le caractère ombrageux et jaloux d’Honoré III, ses mauvais traitements rapportés par des témoins, conduisent à la demande formulée par la princesse d’une séparation de biens et de corps devant le parlement de Paris, qui lui rend un arrêt favorable le 31 décembre 1770. Dès lors, Marie Catherine reprend sa liberté et devient une mécène des arts. L’hôtel de Monaco qu’elle fait édifier par Brongniart devient la vitrine de cette nouvelle indépendance.
L’Amour embrassant l’Amitié

Jean Baptiste Pigalle (Rueil-Malmaison, 1714-Paris, 1785),
L’Amour embrassant l’Amitié, 1758
Marbre
Paris, musée du Louvre RF 297
© GrandPalaisRmn / Musée du Louvre – Michel Urtado
Ce chef-d’œuvre de la sculpture dispose d’un prestigieux historique : commandé en 1754 par la marquise de Pompadour pour le parc du château de Bellevue, achevé en 1758, il n’y est jamais installé, le domaine ayant été cédé au roi l’année précédente. Le groupe est racheté par Pigalle en 1764 à la vente après décès de la marquise. Le sculpteur le revend ensuite à Louis Joseph de Bourbon-Condé qui le place dans les jardins de son hôtel du Palais Bourbon à Paris en décembre 1772.
Après la séparation de 1770, Condé et Monaco vivent ouvertement leur amour. Tous deux s’adonnent à la même frénésie de construction de résidences et d’aménagement de jardins. À Paris, près du palais Bourbon que le prince agrandit à grands frais, où l’amour jaillit du moindre décor et du moindre kiosque, Alexandre Brongniart érige pour la princesse un hôtel de Monaco au cours des années 1770, une résidence détruite à la Révolution, puis reconstruite et abritant depuis 1937 l’ambassade de Pologne.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
De Monaco à Chantilly. Une princesse des Lumières en quête de liberté.
Cette exposition, organisée par le musée Condé du château de Chantilly, est placée sous le haut patronage de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco..
Commissaires : Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval, Château de Chantilly, et Thomas Fouilleron, directeur des Archives et de la Bibliothèque du palais princier de Monaco.
Où ?
Château de Chantilly
Cabinet d’arts graphiques Prince Amyn Aga Khan
60500 Chantilly
chateaudechantilly.fr
Quand ?
Du 18 octobre 2025 au 4 janvier 2026
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h00 à 17h00.
Dernier accès une heure avant la fermeture de la billetterie.
Combien ?
Tarif normal : 18 euros.
Tarif réduit : 14,50 euros.
Le billet comprend l’accès au château, aux grandes écuries, aux jardins, au parc, aux expositions temporaires et aux animations équestres.
Informations sur les tarifs et billetterie en ligne sur le site du château de Chantilly.
Comment ?
Le catalogue de l’exposition est publié aux éditions In Fine (206 pages, 150 illustrations, 35 euros).
