La Rotonde de Saint-Bénigne
Musée archéologique, Dijon
16 mai – 21 septembre 2025
musees.dijon.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
La Rotonde de Saint-Bénigne
1000 ans d’histoire
[Extraits du dossier de presse]
L’exposition La rotonde de Saint-Bénigne, 1 000 ans d’histoire est le fruit d’un travail collégial réalisé avec le concours de la Conservation régionale des Monuments historiques de la Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté. Elle est naturellement présentée au cœur du musée archéologique de Dijon, qui jouxte la cathédrale Saint-Bénigne et occupe depuis 1934 l’aile est du cloître de l’ancienne abbaye. À l’étage inférieur du musée, les vestiges d’une des salles capitulaires les plus anciennes de France et d’une salle chauffée dédiée au travail des moines, peut-être un scriptorium, sont encore conservés. C’est donc aussi dans une logique architecturale, muséale et patrimoniale que l’exposition consacrée à l’histoire de la rotonde est présentée dans ce musée, gardien de la mémoire des lieux. Édifiée peu après l’an mil par Guillaume de Volpiano, l’abbatiale romane était prolongée à l’est par une rotonde, construite sur trois niveaux et inspirée du Panthéon romain. Le moine chroniqueur Raoul Glaber (c. 985-1047), contemporain de sa construction, considérait qu’il s’agissait de la « plus admirable des basiliques de toutes les Gaules et de proportions incomparables ». Chef-d’œuvre d’architecture médiévale, monument majeur à Dijon, comme en témoignent l’abondante iconographie et les nombreux textes qui la concernent, la rotonde est demeurée érigée près de 800 ans, avant que ses niveaux supérieurs ne soient détruits en 1792, malgré quelques résistances, lorsque l’église Saint-Bénigne devient cathédrale. La récente restauration de la sacristie et des vestiges de la rotonde par la Conservation régionale des Monuments historiques a été l’occasion de réaliser l’exposition et son catalogue, et de faire découvrir au public un monument roman dijonnais exceptionnel, aujourd’hui disparu, inscrit dans un complexe architectural prestigieux. Il s’agit ici de retracer son histoire, depuis sa création jusqu’à sa destruction en 1792, et de montrer comment ses derniers vestiges nous sont parvenus, grâce à des restaurations successives entamées dès le XIXe siècle avec l’émergence d’une conscience patrimoniale, jusqu’à celle, majeure, de ce début du XXIe siècle. Des plans, des peintures, des dessins, des manuscrits et des lettres prêtés par des partenaires locaux et nationaux viennent contextualiser les prestigieux vestiges conservés par le musée archéologique de Dijon. Ce sont donc au total les 1 000 ans d’histoire d’un des plus prestigieux monuments de Dijon que nous proposons de parcourir et de transmettre aux visiteurs et aux lecteurs.
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
présentées par les commissaire de l’exposition
Explication de la coupe

Explication de la coupe et de ce qui reste des anciennes Eglises du sixième Siècle
et des trois Rotondes du onzième Siècle, extrait de dom Urbain Plancher,
dans « Histoire générale et particulière de Bourgogne », tome 1, planche 499, vers 1739
Lithographie sur papier
Dijon, Bibliothèque municipale, L Est AI-II 2 © Ville de Dijon
À partir de l’an mille, la construction de nouvelles églises est favorisée en Bourgogne par une économie florissante et le mouvement de réforme clunisienne des monastères. Guillaume de Volpiano, venu à Dijon pour redresser l’abbaye Saint-Bénigne, s’empare du projet de construction d’une nouvelle église pour mieux protéger et valoriser le tombeau de saint Bénigne et le modifie considérablement. La nouvelle abbatiale est construite sur les fondations de l’ancienne, mais elle est plus large et plus longue. Elle est formée d’une grande église dont le chœur s’ouvre sur une rotonde, elle-même poursuivie par une chapelle axiale, qui en font une œuvre architecturale particulièrement remarquable. Le moine chroniqueur Raoul Glaber (v. 985 – v. 1047) la décrit comme la « plus admirable des basiliques de toutes les Gaules et de proportions incomparables ». Cette coupe est une restitution de l’articulation de la rotonde avec les bâtiments qui lui sont liés au XIe siècle. À gauche, les trois niveaux de la rotonde communiquent avec les trois niveaux de la chapelle axiale, en montant quelques marches pour le deuxième niveau et par deux volées de marches pour le troisième. À droite est représentée son articulation avec l’église du XIe siècle, dont seule l’extrémité orientale apparaît sur la coupe. Le premier niveau de la rotonde communique avec les cryptes de l’église où est placé le tombeau de saint Bénigne. Le deuxième niveau communique quant à lui avec le chœur de l’église. Le troisième niveau de la rotonde ne dispose pas d’un niveau de circulation avec le corps de l’église, mais il est ouvert sur son abside. Au centre de la rotonde, en hauteur, s’ouvre l’oculus, derrière lequel est visible la tour de l’escalier sud. À la suite de l’effondrement d’une tour en 1271, l’église romane est détruite pour être remplacée par une nouvelle église bâtie dans le style gothique. La rotonde et sa chapelle axiale sont conservées, mais en grande partie dissociées de l’édifice gothique.
Un chapiteau du XIe siècle

Chapiteau, première moitié du XIe siècle
Calcaire
Dijon, musée archéologique, 2011.1.4 © Ville de Dijon
L’église abbatiale du XIe siècle et sa rotonde comportaient de nombreuses colonnes qui en supportaient les voûtes. Les chapiteaux en calcaire les surmontant marquent les débuts d’un art nouveau en Bourgogne, celui de la sculpture romane. Alors que les chapiteaux étaient ailleurs ornés de motifs végétaux issus des modèles antiques, ceux de Saint-Bénigne sont parmi les premiers à intégrer des figures humaines, animales ou monstrueuses. C’est le cas de ce chapiteau sans astragale qui présente sur sa corbeille deux rangs de feuillages aux folioles serrées, surmontés de motifs circulaires semblables à des rosaces aux pétales inachevés. En revanche, ce sont des têtes zoomorphes qui occupent les angles de l’abaque, et non des motifs végétaux. D’autres chapiteaux de Saint-Bénigne témoignent de décors originaux, jusqu’alors inédits, comme le motif de l’orant, ce personnage en prière les bras levés qui deviendra devient peu à peu un thème majeur de l’Église. D’autres constituent des scènes symboliques. C’est le cas de deux chapiteaux encore visibles dans la rotonde qui présentent des figures de l’aigle, du centaure et de monstres aux pattes fourchues, déroulant leurs silhouettes sur le pourtour de la corbeille, dans la tradition des manuscrits d’Ézéchiel ou encore en rapport avec le texte de l’Apocalypse.
Fouilles archéologiques

La tour d’escalier sud de la rotonde en cours de fouille, 2021
Impression numérique
Auxerre, Centre d’études médiévales © cliché S. Aumard
À la suite de la Révolution, l’église de Saint-Bénigne doit devenir la cathédrale du récent diocèse de Dijon. Il est décidé à cette occasion que la rotonde, jugée en mauvais état, ne soit pas conservée. Elle est donc détruite, ainsi que sa chapelle axiale, en 1792 : les niveaux supérieurs sont alors entièrement démolis et le niveau inférieur est remblayé. En 1843, la mise au jour fortuite de vestiges des cryptes de l’église du XIe siècle lors de travaux éveille l’intérêt de la Commission des antiquités de la Côte-d’Or. Elle va entreprendre durant plusieurs années l’exploration des vestiges de l’abbatiale romane. La partie des cryptes romanes abritant le tombeau de saint Bénigne ainsi que le premier niveau de la rotonde et de la chapelle axiale sont alors dégagés et considérablement restaurés. Ceux-ci se sont cependant dégradés au cours du XXe siècle et la Conservation régionale des monuments historiques met alors en place un ambitieux projet de restauration pour les sauvegarder. Leur rénovation s’opère entre 2020 et 2023 et est accompagnée de fouilles archéologiques menées par le Centre d’études médiévales d’Auxerre. Celles-ci ont notamment mis au jour les vestiges de la tour d’escalier sud de la rotonde qui ont permis d’observer un mode de construction inédit à cette époque. En effet, la volée de marches hélicoïdale était maintenue par un noyau central à la forme creuse qui pourrait avoir pour fonction d’alléger les maçonneries ou de créer un puits de lumière pour capter le jour provenant des baies géminées du dernier étage de la tour.
INFORMATIONS PRATIQUES
Quoi ?
La Rotonde de Saint-Bénigne. 1000 ans d’histoire.
Cette exposition est organisée par la direction des musées de Dijon, en partenariat avec la conservation régionale des monuments historiques (CRMH) de la Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté (DRAC) et le Centre d’Études Médiévales d’Auxerre (CEM).
Commissariat : Franck Abert, responsable scientifique des collections archéologiques et d’art antique à la direction des musées de Dijon, Arnaud Alexandre, conservateur des monuments historiques, Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté, et Christian Sapin, directeur de recherche honoraire au CNRS.
Où ?
Musée archéologique de Dijon
5, rue Docteur Maret
21000 Dijon
musees.dijon.fr
Quand ?
Du 16 mai au 21 septembre 2025
Tous les jours sauf le mardi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h00
Combien ?
Entrée gratuite aux collections permanentes et à l’exposition temporaire.
Comment ?
L’exposition est accompagnée d’une riche programmation culturelle comprenant des visites commentées et des ateliers de pratiques artistiques pour les adultes, les adolescents et les enfants, et de nombreuses autres activités, notamment un cycle de conférences (en juin). L’ensemble du programme est disponible sur le site web des musées de Dijon.
Un catalogue, rédigé par un collège d’historiens, d’archéologues, d’architectes et de conservateurs spécialistes du sujet, est publié par les musées de Dijon et les éditions Faton (160 pages, 29 euros).
