EXPOSITION # 15

🇫🇷

Note : 5 sur 5.

Premier architecte de Stanislas Leszczynski, le Lorrain Richard Mique (1728 – 1794) travailla aussi au service des reines de France Marie Leszczynska et Marie-Antoinette. À l’occasion du 230e anniversaire de sa mort, c’est son histoire et ses œuvres que la nouvelle exposition de l’Hôtel abbatial vous propose de découvrir, sans oublier un voyage immersif au cœur de la société du XVIIIe siècle. Grâce au concours de nombreuses institutions publiques et des collectionneurs privés qui se sont associés au projet, la nouvelle exposition de l’Hôtel abbatial reconstitue sa vie et sa carrière, de Lunéville à Versailles, entre documents d’archives, gravures, portraits, mobilier, vêtements, céramiques… Une exposition qui peut compter sur le concours de plusieurs parrains : Alain Baraton, jardinier en chef du parc du Château de Versailles, Ivan Thé, responsable du hameau de la Reine à Versailles, Franck Ferrand, écrivain et animateur d’émissions d’histoire, Philippe Séguy, écrivain et journaliste, Emmanuel de Waresquiel, historien…

Pour en savoir plus sur l’art de vivre à son époque, l’exposition vous fait voyager, en abordant plusieurs thèmes : le développement d’une société aristocratique (une galerie de portraits illustre le monde qui a ou aurait pu côtoyer Richard Mique), l’univers de l’édition (l’architecte possédait une vaste bibliothèque, reflétant l’effervescence du siècle des Lumières), le monde des arts du feu (porcelaines de Paris ou faïences de Lorraine, qu’elles soient utilitaires ou décoratives), le monde de la mode (des vêtements d’époque illustrent les créations de ce siècle). À l’image du bel appartement aristocratique de province reconstitué à l’étage, l’exposition sur Richard Mique est intégrée dans le même esprit « period room », s’attachant à restituer l’atmosphère décorative de cette période du XVIIIe siècle.

La Chambre jaune de l’Hôtel abbatial de Lunéville © Ville de Lunéville

Sous l’œil de Marie Leszczynska, entourée de ses parents et de sa fille Marie-Adélaïde, se conjuguent une coiffeuse marquetée Louis XV, une desserte et un petit écritoire en acajou d’époque Louis XVI, des sièges Louis XV et Louis XVI et un lit à la turque, à la mode de 1755 à 1785. Au sol, un tableau de fleurs attribué à Anne Vallayer Coster répond aux bouquets de fleurs en papier composés dans l’esprit du tableau. Les plans sortis d’un portefeuille en maroquin au chiffre de Marie-Adélaïde (fac-similé) rappellent son engagement auprès de Richard Mique pour la finalisation des travaux du Couvent, après le décès de la reine Marie. Le cacatoès blanc (création en papier de Caroline Picot Finance / Baucis et Philemon) symbolise l’engouement de la période pour les volières exotiques. Au-dessus de la coiffeuse, Isabelle de Bourbon-Parme, petite fille de Marie Leszczynska, épouse de Joseph II, frère de Marie-Antoinette.

La Chambre jaune de l’Hôtel abbatial de Lunéville © Ville de Lunéville

En face des portraits de la famille Leszczynska, une galerie de portraits de contemporains de Richard Mique. Sur la cheminée, encadrée par le couple Beaujon (voir ci-dessous), le buste de Madame du Barry fait face à Marie Leszczynska ; au dessus du petit secrétaire, Madame Louise-Élisabeth, fille aînée de Louis XV. À gauche du lit à la turque, la marquise de Pompadour par Drouais, en dessous, Marie-Christine de Habsbourg-Lorraine, sœur aînée de Marie-Antoinette. Dans l’angle gauche, est évoqué le travail de la tapisserie pratiqué par les dames de qualité.

Le salon des Pères abbés de l’Hôtel abbatial de Lunéville © Ville de Lunéville

Évocation d’un instant privé de la reine Marie-Antoinette au Hameau, table dressée pour un goûter. Grande table bouillotte en acajou et plaquage d’acajou, marbre blanc de Carrare et garniture de bronze doré. (Production parisienne, style Louis XVI des années 1840-50. H. : 81 cm ; D. : 129,5 cm. Coll. GSLR antiques). Tapis au petit point, de style Aubusson, au décor de fleurs et guirlandes (XVIIIe/XIXe siècle. Coll. part.).

Le salon des Pères abbés de l’Hôtel abbatial de Lunéville © Ville de Lunéville

Sur la table, buste en terre cuite représentant très vraisemblablement la reine Marie-Antoinette, le mois et l’année de son accès au trône de France, en mai 1774. Buste original et inédit en terre cuite, monogrammé « F R » et daté « Mai 74 » en creux sur la base du buste, côté gauche. H. 44,5 cm, L. 22 cm, P. 22 cm. Manque au dos le haut du nœud dans la coiffure.

Note : 5 sur 5.

UNE SÉLECTION D’ŒUVRES

présentée par Jean-Louis Janin Daviet
chargé de mission culture, Ville de Lunéville
chargé de la restauration et de la conservation de l’Hôtel abbatial.

Note : 5 sur 5.

Portrait de Richard Mique
par Piat-Joseph Sauvage


Piat-Joseph Sauvage (1744-1818), Portrait de Richard Mique
Gouache circulaire signée en bas Sauvage, D. 6,5 cm, avec cadre 8,4 cm, Coll. part.
© Ville de Lunéville

Richard Mique est né le 18 septembre 1728 dans une famille de bâtisseurs, originaire d’Alsace, et a été baptisé à l’église paroissiale de Saint Sébastien à Nancy. Son père, Simon Mique, était architecte entrepreneur à Lunéville et son grand-père, Pierre Mique, également architecte, avait été l’un des constructeurs de la primatiale de Nancy. Dans les pas de ses père et grand-père, il apprend le métier d’architecte à Strasbourg auprès de Jacques Étienne Barbier, ingénieur. Comme son cousin Claude Mique, il sera architecte en Lorraine, au service du roi Stanislas et succédera à Emmanuel Héré après son décès en 1763. Il terminera les portes Stanislas et Sainte-Catherine initiées par Héré. Sa dernière œuvre en Lorraine sera la caserne Sainte-Catherine à Nancy en 1765.
En novembre 1761, le roi Stanislas accorde à son architecte des lettres de noblesse avec les attendus suivants : « Les rois et souverains étans accoutumés de récompenser par des titres d’honneur les personnes qui s’attachent à leur service et s’y distinguent par leur zèle, fidélité et affection dans les diférents employs qu’ils occupent près d’eux, soit dans l’exercice des armes de la robe ou des arts ; dans ces sentimens ayant considéré ceux que notre amé Richard Mique nous a rendu et continue de nous rendre en qualité de premier architecte de nos batimens, jardins, parques et jets d’eaux, dans laquelle il ne cesse de nous donner journellement des preuves de sa capacité, de ses vrais talens, vertu, probité et bonne conduite par son application continuelle aux grands ouvrages auxquels il s’occupe pour notre service, et voulant lui donner des marques distinguées de notre satisfaction, nous avons résolu de le décorer du titre de noblesse qu’il se trouve d’ailleurs en état de soutenir avec distinction par la fortune dont il est favorisé, jouissant même déjà des droits et privilèges qui sont attachés par son état… ». En 1763, Richard se porte acquéreur de parts dans la faïencerie de Saint-Clément, une autre page de sa carrière à explorer. La mort du roi Stanislas en 1766 arrête un court temps cette belle carrière d’architecte.
La reine Marie Leszczynska commande à l’architecte de son père défunt, fin 1766, la construction d’un important couvent à Versailles. Inauguré par Louis XV en 1772 (la reine est décédée depuis quatre ans), le Couvent de la Reine (devenu le lycée Hoche) fait remarquer l’architecte. Bien qu’actif à Versailles, il reste lorrain de cœur et acquiert la seigneurie d’Heillecourt en 1773. Malgré l’hostilité d’Ange-Jacques Gabriel, Premier architecte du Roi, jaloux de son influence à la cour de France, la reine Marie-Antoinette se l’attache ensuite et lui confie plusieurs commandes. En 1783, Mique succède à Ange-Jacques Gabriel comme Premier architecte du Roi Louis XVI et est nommé directeur de l’Académie royale d’architecture. Il devient ainsi le principal maître d’œuvre des travaux du château de Versailles à la fin du XVIIIe siècle. Richard Mique sera guillotiné le 7 juillet 1794 à Paris au terme d’un invraisemblable procès.

Piat-Joseph Sauvage  (Tournai 19/01/1744, Tournai 11/06/1818)
Ce peintre wallon a magnifié l’intérieur de nombre de châteaux durant les dernières années de l’Ancien Régime : une dizaine de dessus-de-porte en grisaille à Compiègne et Fontainebleau, des grisailles représentant les Quatre Saisons pour la Laiterie de Rambouillet, des grisailles à Saint-Cloud et à Chantilly ; Piat-Joseph Sauvage était le spécialiste de ces bas-reliefs en trompe-l’œil, à l’imitation du marbre ou du bronze, dans le goût antique représentant des figures allégoriques ou des jeux d’enfants dans le style de Bouchardon et de Clodion. Richard Mique lui a commandé des peintures pour les appartements de Madame Adélaïde.
Vitrier à Tournai comme son père durant son adolescence, Piat-Joseph Sauvage a reçu une formation à l’École de dessin de sa ville natale, avant de se perfectionner à l’Académie d’Anvers sous la direction du peintre d’histoire et de grisailles Martin-Joseph Geeraerts. Il travaille pour la Cour des Pays-Bas autrichiens à Bruxelles puis part à Paris, où il est reçu à l’Académie de Saint-Luc, puis à l’Académie de Toulouse, à l’Académie des Arts de Lille en 1776. Il devient membre de l’Académie royale de Paris en 1783. Piat-Joseph Sauvage est nommé premier peintre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, puis du roi Louis XVI. Le peintre est aussi portraitiste, notamment de Marie-Antoinette. Ses portraits, de profil sur fond bleu ou gris foncé s’apparentant à des médailles ou des camées, étaient souvent faits en plusieurs exemplaires, destinés à orner des boîtes précieuses, offertes en guise de reconnaissance. Henri Bouchot écrit en 1910 dans son ouvrage La miniature française 1750-1825 : « Il dessinait d’élégants profils, au col tranché, à la façon des médailles ou des monnaies, dont il n’était ni l’inventeur ni le propagateur. Cochin, Greuze l’avait dès longtemps devancé; seulement lui y mettait un fini élégant, fort goûté des amateurs » .
Homme de Cour, P.-J. Sauvage n’est pas indifférent aux manifestations de rue qui éclatent en 1789. Chef d’un bataillon de la Garde nationale parisienne, le peintre continue de répondre à des commandes. De 1804 à 1807, il exerce son art comme peintre de figures sur porcelaine à la Manufacture de Sèvres. Répondant à la pressante demande de Charles Henri Joseph de Rasse, maire de Tournai, il accepte de revenir dans sa ville natale où lui est confiée la direction de l’Académie de dessin, de sculpture et d’architecture, qu’il réorganise et dynamise (1806-1817). C’est durant cette période qu’il reproduit en grisailles Les Sept Sacrements, d’après Poussin, dans le chœur de la cathédrale de Tournai.

Note : 5 sur 5.

Portraits des époux Beaujon
par Adolf Ulrik Wertmüller


Adolf Ulrik Wertmüller (1751-1811).
Portraits en pendants de Nicolas Beaujon (1718 – 1786) et de son épouse,
née Louise Élisabeth Bontemps (1735 – 1769), vers 1765
Huiles sur leur toile d’origine, 47 x 38 cm, cadres début XIXe, 60 x 50,5 cm
© Ville de Lunéville

Les portraits de Beaujon, comme celui qu’a réalisé Wertmüller, révèlent une bonhomie certaine, un regard pétillant et bienveillant d’épicurien lucide, conscient des limites de nos vies, ainsi que l’intelligence et la sensibilité d’un homme « éclairé » de cette fin du XVIIIe siècle. Sa femme, décédée à 34 ans, est également, ici, représentée « au naturel », sans aucune affectation, et il émane de ces deux portraits placés côte à côte une véritable et douce harmonie.
Né à Bordeaux en 1718, Nicolas Beaujon, fils de Jean Beaujon et de Thérèse Delmestre, issus de familles de négociants aisés, a mené une carrière exceptionnelle. Il s’adonna d’abord au commerce de grains, puis au commerce maritime. Excellent homme d’affaires, il fit de judicieux placements et s’enrichit rapidement, ce qui l’incita, en 1753, à quitter sa ville natale pour s’installer dans la capitale. En octobre de cette même année, il y épousa Louise-Élisabeth Bontemps, dont les relations familiales lui permirent d’accéder très vite aux plus hautes sphères de la société de son temps.
Son beau-père, Louis Bontemps, était en effet l’un des premiers valets de chambre de Louis XV, chargé, entre autres fonctions, du « recrutement » des charmantes jeunes femmes qui participaient aux divertissements du roi. Sa complicité avec le monarque favorisa la promotion du gendre du sieur Bontemps. Les alliances familiales avec des fermiers généraux furent également un atout. En effet, les noms des signataires du contrat de mariage (21 et 22 octobre 1753) sont révélateurs. On relève la présence d’Ange-Laurent Lalive de Jully, fils de fermier général et futur Introducteur des ambassadeurs, cousin germain de la mariée ; mais surtout la présence de la marquise de Pompadour et encore celle de Machault d’Arnouville, alors contrôleur général des Finances.
L’ascension de Nicolas Beaujon fut fulgurante : fermier général puis Conseiller d’État, il joua un rôle crucial dans les finances du royaume sous le règne de Louis XV, en devenant le banquier des personnalités les plus influentes de la Cour, dont Madame du Barry. En 1773, il acheta au roi, pour un million de livres, l’hôtel d’Évreux, qui avait appartenu à la marquise de Pompadour de 1754 jusqu’à son décès en 1764. Membre éminent de la grande bourgeoisie parisienne, sa fortune lui permit d’adopter le train de vie d’un grand seigneur. Les années qu’il passa à l’hôtel d’Évreux (aujourd’hui Palais de l’Élysée) mais aussi à la Folie Beaujon témoignent, entre autres lieux, de cette existence brillante. Il fit de l’hôtel d’Évreux le siège de sa banque mais aussi un écrin pour son admirable collection de tableaux, d’œuvres d’art et sa splendide bibliothèque. Autour de l’hôtel, il acquit peu à peu plus de douze hectares, dont il fit un parc somptueux qui, aujourd’hui, correspond à une partie du Faubourg-Saint-Honoré.
Sa fin de vie fut assombrie par la maladie et l’impotence. Il tenta de trouver une consolation grâce à la présence de quelques séduisantes et spirituelles jeunes femmes, la plupart mariées, qui avaient leur appartement et leurs serviteurs à l’hôtel d’Évreux ; leur rôle consistait à égayer les mornes soirées de Nicolas Beaujon par leur seule présence et le son apaisant de leurs voix. On les appelait « les berceuses ». Beaujon fut très généreux à leur égard. En août 1786, il céda son hôtel à Louis XVI ; il y décéda le 20 décembre 1786. En 1787, son corps fut déposé dans la chapelle Saint-Nicolas qu’il avait fait construire avec l’épitaphe : « Ici repose le corps de Messire Nicolas Beaujon, conseiller d’État, fondateur de cette chapelle et de l’hospice en faveur des enfants orphelins et des écoles de charité de la paroisse Saint-Philippe-du-Roule, décédé le 20 décembre 1786, âgé de soixante-huit ans. Priez pour lui ».
Si l’ambition, l’intelligence, le travail et un goût prononcé pour les arts étaient des traits dominants de sa personnalité, la philanthropie en était un autre : resté sans postérité, Beaujon a fait de nombreux dons et legs d’importance. Les 4 719 volumes de sa bibliothèque, magnifiquement reliés, ont été donnés à sa ville natale, Bordeaux, à laquelle il fut toujours très attaché. Un autre de ses dons, très important, a permis de fonder à Paris l’hospice Beaujon, devenu l’hôpital du même nom. Les œuvres de bienfaisance dues à cet homme comblé par la fortune furent multiples.

Adolf Ulrik Wertmüller (Stockholm, 1751 – Wilmington, 1811)
Avec les peintres Gustaf Lundberg et Alexander Roslin, dont il est le neveu, il est l’un des principaux artistes suédois ayant exercé à Paris au XVIIIe siècle. Peintre voyageur, il a travaillé en Italie, en France, en Espagne et aux États-Unis. À Paris, son maître fut Joseph-Marie Vien. Nommé peintre de la Cour de Suède par Gustave III, membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture, il reçut, lors de la visite de Gustave III à Paris et Versailles, l’autorisation de peindre le portrait de la reine Marie-Antoinette, qu’il représenta en pied avec ses deux enfants, dans le parc de Trianon. Pour fuir la Révolution française, il s’installa à Madrid en 1790, puis s’embarqua pour l’Amérique. Il revint en Europe (Paris et Stockholm), puis, en 1800, repartit pour Philadelphie, où il se maria et obtint la nationalité américaine. Ses œuvres les plus connues sont le portrait de la reine Marie-Antoinette et de ses enfants et le portrait de George Washington. Si l’on excepte les commandes royales et celles émanant de la noblesse, les modèles de Wertmüller sont essentiellement issus de la bourgeoisie. Ses portraits sont toujours extrêmement vivants, emprunts de naturel et d’une simplicité de bon aloi.

Note : 5 sur 5.

Portrait du comte de Bar
attribué à Jean-Martial Frédou de la Bretonnière


Attribué à Jean-Martial Frédou de La Bretonnière (1710-1795)
Marie-Barthélemy Comte de Bar,  (1750-1816), Officier au Régiment d’Infanterie du Roy, 1774
© Ville de Lunéville

Huile sur sa toile d’origine, 81 x 65cm, dans son magnifique cadre d’origine de style Louis XVI, en bois sculpté et doré, orné aux quatre angles de marguerites et au fronton d’un nœud de ruban. L’anneau d’accrochage, en fer, est resté à son emplacement initial. Au revers, sur la toile, une ancienne inscription à l’encre, calligraphiée : Marie Barthelemy Comte de Bar Offr. au Régt. d’Infanterie du Roy, âgé de 24 ans.

Jean-Martial Frédou de La Bretonnière (Fontenay-Saint Père, 1710 – Versailles, 26 février 1795)
Ce peintre, réputé pour son œuvre de portraitiste auprès de particuliers, s’installa à Versailles en 1752. Peintre et dessinateur, il a réalisé des portraits à l’huile, au pastel et aux trois crayons. Sa sœur, Marie-Catherine Frédou de La Bretonnière (1712-1773) était également peintre. En 1755, afin de diffuser les images de Louis XV, il fut appelé au Cabinet des tableaux du Roi en tant que peintre-copiste. Entre 1760 et 1762, la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du futur Louis XVI, lui commanda onze portraits, parmi lesquels ceux de ses enfants, dont l’aîné, Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne (1751-1761), qui mourut des suites d’une chute d’un cheval de bois. À partir de 1776, Frédou est répertorié en tant que Premier peintre de Monsieur, frère du Roi et futur Louis XVIII. En raison du « genre soigné » de cet artiste, « en qui se retrouvent les qualités les plus aimables du XVIIIe siècle » (Bénézit), de sa clientèle appartenant aux plus hautes sphères, mais aussi de la provenance du tableau, qui se trouvait dans une propriété du Loiret et côtoyait, dans le même salon, d’autres portraits dont certains portaient la signature de Frédou, il nous semble plausible que ce même artiste ait pu réaliser l’œuvre ici présentée. Au XVIIIe siècle, nombre de toiles n’étaient pas signées, même par les plus grands maîtres qui, avec modestie, se considéraient comme des artisans. L’exceptionnelle qualité du cadre, qui justifie amplement l’expression souvent entendue « le cadre est la récompense du peintre » est à n’en pas douter un indice révélateur de la valeur attachée dès l’origine à ce portrait.

Note : 5 sur 5.

INFORMATIONS PRATIQUES