EXPOSITION # 73

🇫🇷

Note : 5 sur 5.

Le comte d’Artois, prince et mécène.
La jeunesse du dernier roi de France.

Du 14 novembre 2025 au 2 mars 2026, le Centre des monuments nationaux présente au château de Maisons (78) l’exposition « Le comte d’Artois, prince et mécène. La jeunesse du dernier roi de France ». Grâce à un partenariat avec le château de Versailles, ainsi qu’à de nombreux prêts de grandes institutions culturelles, plus d’une centaine d’œuvres permettront aux visiteurs de découvrir la jeunesse du futur Charles X, dernier propriétaire du château sous l’Ancien Régime. L’exposition se concentre sur la jeunesse du comte d’Artois, de sa naissance à son départ en exil en 1789. Sa personnalité, sa vie, son mécénat et son goût sont abordés au travers d’une sélection de chefs-d’œuvre d’une grande diversité (arts graphiques, tableaux, objets d’art, sculptures, mobilier, curiosités, livres). Provenant en grande majorité des collections du château de Versailles, des prêts prestigieux ont été également accordés par les Archives nationales, la Bibliothèque nationale de France, le musée du Louvre, le Mobilier national, le château de Fontainebleau, le musée Carnavalet, le musée de l’Armée – Invalides, la bibliothèque municipale de Versailles, les musées des Beaux-Arts d’Amiens et de Reims et des collections privées. Au sein du château de Maisons, où les somptueux décors réalisés par François-Joseph Bélanger pour le comte sont restés en place, les visiteurs peuvent découvrir la richesse de ses ameublements et de ses goûts personnels comme celui des turqueries. L’exposition met également en valeur la passion du comte d’Artois pour les bâtiments que ses contemporains décrivaient comme « un goût décidé pour la truelle ».

Le comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, acquiert en 1777 le château de Maisons, chef-d’œuvre de l’architecture classique du Grand Siècle, érigé par François Mansart dans les années 1650. L’exposition se déroule au rez-de-chaussée du château, qui présente encore aujourd’hui certains des décors qu’a connus le comte d’Artois lorsqu’il en était propriétaire, entre 1777 et 1789. L’introduction de l’exposition présente à la fois le château et son domaine au moment de leur acquisition par le comte d’Artois. Plans et dessins parfois inédits illustrent ensuite les projets du prince pour sa nouvelle résidence privée. L’exposition retrace ensuite la jeunesse du prince : sa naissance, son éducation et son mariage avec Marie-Thérèse de Savoie en 1773. De nombreux portraits, gravures, dessins et documents permettent de suivre le prince jusqu’à son mariage célébré de façon grandiose à Versailles et à la naissance de ses trois enfants entre 1775 et 1778. […] En l’absence de fonction officielle de premier plan, le comte d’Artois peut se consacrer à ses divertissements favoris. Dans la droite de ligne des Bourbons, le prince aime chasser et assister aux courses de chevaux. Il partage également avec sa belle-sœur, la reine Marie-Antoinette, sa passion pour les jeux d’appartement, la musique, l’opéra et le théâtre. L’exposition présente le fusil du comte d’Artois ou encore plusieurs livres de sa bibliothèque consacrés à la vénerie. […] Indéniablement la grande passion du comte d’Artois est l’architecture. Véritable prince bâtisseur, il se rêve même promoteur immobilier en concevant des projets de lotissement à Paris. L’exposition dévoile son goût pour ses nombreuses résidences et leur aménagement : de ses appartements successifs au château de Versailles, au palais du Temple à Paris qu’il occupe à partir de 1776, jusqu’au château de Maisons, en passant par Bagatelle et Saint-Germain-en-Laye. […] Le comte d’Artois prend la route de l’exil dès le 16 juillet 1789, à la demande de Louis XVI. En effet, son train de vie dispendieux et son opposition à toute réforme du système politique et économique tournent l’opinion publique contre lui. Il séjourne dans divers pays d’Europe avant de se fixer en Grande-Bretagne en 1795. Ses biens sont confisqués et vendus aux enchères en vertu de la loi sur les émigrés de 1792. L’exposition présente ainsi plusieurs exemples de mobilier saisi et vendu, ainsi que des documents évoquant l’exil du prince et de sa famille. Le comte d’Artois revient en France en 1814 lors de la Première Restauration et succède à son frère Louis XVIII sur le trône de France de 1824 à 1830, sous le nom de Charles X. Il est le dernier Bourbon à régner sur la France.

Vue de l’exposition © EPV – Thomas Garnier

Vue de l’exposition © Steve Cointe – Centre des monuments nationaux

Vue de l’exposition © Steve Cointe – Centre des monuments nationaux

Note : 5 sur 5.

UNE SÉLECTION D’ŒUVRES

présentées par les commissaires de l’exposition

Note : 5 sur 5.

Le comte d’Artois

Antoine François Callet, Philippe de France, comte d’Artois,
en costume de l’ordre du Saint-Esprit
, Salon de 1779.
Huile sur toile.
Château de Versailles © RMN -GP (Château de Versailles) Droits réservés.

Ce grand portrait du prince, alors âgé de 22 ans, reprend tous les codes du portrait d’apparat fixés par Hyacinthe Rigaud en 1701 dans son célèbre tableau de Louis XIV. Sur un fond de draperies venant en partie occulter une colonne de marbre, le prince porte, de façon altière, le costume de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. Fondé en 1578 sous Henri III, cet ordre, le plus prestigieux de la monarchie en France, ne pouvait être porté que par cent chevaliers simultanément. En tant que fils de France, le prince fut reçu chevalier de l’ordre dès 1771. La toile de Callet rend fidèlement la richesse du manteau de velours noir brodé de flammes d’or et d’argent, figurant le Saint-Esprit, ainsi que le H d’Henri III et des fleurs de lys. Par-dessus son mantelet, le prince porte également le collier et la plaque de l’ordre, alors que le ruban bleu est passé sous son bras.

Note : 5 sur 5.

Des chenets princiers

Pierre Gouthière, Paire de chenets aux sphinges ailées, vers 1777.
Bronze ciselé et doré au mat.
Château de Versailles, dépôt du musée du Louvre.
© RMN -GP (Château de Versailles) © Gérard Blot.

Le modèle de ces feux de goût arabesque revient à l’architecte Bélanger. Deux sphinges ailées y encadrent une cassolette fumante sur trépied autour de laquelle s’enroule un serpent, le tout posé sur un socle porté par des pieds toupies à cannelure torse et orné d’une tête d’Apollon, de cornes d’abondance et de rosettes. Bélanger destinait vraisemblablement ces chenets au salon du pavillon de Bagatelle et fit appel pour ce chantier au ciseleur-doreur Pierre Gouthière, qui développa le procédé singulier de dorure « au mat » pour des pièces de très grand luxe. Bronzier jouissant alors d’une grande réputation, Gouthière travaillait presque exclusivement pour la famille royale et des clients très fortunés. Il livra tous les bronzes dorés destinés aux cheminées de Bagatelle.

Note : 5 sur 5.

Sculptures du comte d’Artois

Amour combattant un satyre, XVIIIe siècle.
Marbre.
Château de Versailles © Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

Le comte possédait une importante collection d’œuvres antiques, de sculptures d’après l’antique, ainsi que de sculptures néoclassiques. Les commandes décoratives de sculptures néoclassiques du comte pour Maisons s’inscrivent dans une cohérence respectueuse du « grand goût ». Les œuvres déposées par le château de Versailles sont de véritables redécouvertes pour l’histoire du château de Maisons. Inventoriées en juin 1793 en vue de leur saisie, elles rejoignent le musée spécial de l’École française. Les sculptures représentant Minerve et Mercure exécutées par Houdon en bas-relief ont été présentées au Salon de 1771, avant d’être achetées par le comte d’Artois. Houdon s’inspire de modèles antiques copiés à Rome en 1770, dont les plâtres seront envoyés au château de Friedenstein, à Gotha. Houdon participa ainsi au programme décoratif du château. On peut supposer que ces bas-reliefs étaient destinés à un décor architectural, peut-être celui de l’orangerie, compte tenu de l’épaisseur du relief. La sculpture intitulée Amour combattant un satyre pourrait provenir de l’une des grottes du jardin, car un groupe y est en effet signalé sans autre précision.

Léda et Jupiter métamorphosé en cygne, XVIIIe siècle.
Marbre.
Château de Versailles © Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

Note : 5 sur 5.

INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS

Quoi ?
Le comte d’Artois, prince et mécène. La jeunesse du dernier roi de France.
Cette exposition est organisée par le Centre des monuments nationaux, en partenariat avec le château de Versailles.
Commissaires : Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Vincent Bastien, collaborateur scientifique au château de Versailles, Benoît Delcourte, conservateur en chef au château de Versailles, Raphaël Masson, conservateur en chef au château de Versailles, Clotilde Roy, responsable de l’enrichissement des collections du Centre des monuments nationaux, et Gabriel Wick, docteur en histoire.

Comment ?
L’exposition est accompagnée par une riche programmation d’activités culturelles : visites guidées, thématiques ou chantées, conférences, concerts nocturnes et bals animés. Le détail est disponible dans l’agenda du château.
Le catalogue de l’exposition est publié aux éditions du Patrimoine (96 pages, 16 euros).