Gaulois mais romains !
Musée de la Romanité, Nîmes
29 mai 2025 – 4 janvier 2026
museedelaromanite.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
Gaulois mais romains !
Chefs-d’œuvre du musée d’Archéologie nationale
[Extrait du dossier de presse]
Le Musée de la Romanité à Nîmes invite le public à une immersion dans l’histoire fascinante de la Gaule romaine avec l’exposition « Gaulois, mais Romains ! ». À travers un partenariat exceptionnel avec le musée d’Archéologie nationale, l’exposition explore la manière dont les cultures gauloise et romaine se sont entremêlées pour façonner une identité nouvelle, riche et complexe. Ce dialogue entre deux civilisations révèle un monde en pleine mutation, où traditions locales et influences romaines s’unissent pour forger une société que les historiens qualifient de gallo-romaine. Une immersion historique qui offre un nouvel éclairage captivant sur la Gaule romaine.
« Gaulois, mais Romains ! » retrace l’histoire de la Gaule conquise par Rome et illustre la manière dont les Gaulois ont non seulement intégré, mais aussi réinterprété la culture romaine. Il s’agit donc de déconstruire les stéréotypes traditionnels autour de la Gaule chevelue et barbare pour dévoiler un territoire et une société organisés, à la culture et aux traditions développées. L’exposition vise ainsi à révéler les traces matérielles d’un véritable « art de vivre » gallo-romain, mêlant influences gauloises et romaines, sur un territoire qui va au-delà de la Narbonnaise, aux provinces d’Aquitaine, de la Lyonnaise et de la Gaule Belgique. Le cadre chronologique s’étend de la défaite d’Alésia, en 52 av. J.-C., jusqu’au IIIe siècle, période durant laquelle s’expriment pleinement les multiples facettes de cette « gallo-romanité ». L’exposition offre également l’occasion de revenir aux origines du musée d’Archéologie nationale, fondé par Napoléon III en tant que « musée gallo-romain », et qui a contribué à façonner certains stéréotypes sur la Gaule. S’appuyant sur la richesse de ses collections et conçue comme un complément aux collections permanentes du Musée de la Romanité, l’exposition permet de transmettre aux visiteurs des clés de lecture pour mieux les appréhender.
Le parcours de l’exposition s’ouvre sur l’emblématique figure du sanglier, symbole de la « Gaule chevelue » dans la culture populaire, et qui incarne la dualité entre les identités gauloise et romaine. Animal totémique pour les Gaulois et gibier noble pour les Romains, le sanglier occupe une place centrale dans les deux sociétés, alimentant l’imaginaire d’une Gaule sylvestre. L’exposition s’articule ensuite autour de trois grandes séquences : l’organisation de la société gallo-romaine, l’exploration du panthéon gallo-romain et des pratiques religieuses, et enfin, une réflexion sur la naissance de l’archéologie gallo-romaine à l’époque de Napoléon III.

La stèle funéraire de Julia Paulina, dans l’exposition © Musée de la Romanité, Nîmes.

Vitrine militaire de l’exposition © Musée de la Romanité, Nîmes.
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
La laie de Cahors

Laie de Cahors, IIe s. ap. J.-C. ?, Cahors (Lot)
Alliage cuivreux ; h. 21,6 ; L. 37 ; pr. 10,4 cm
Achat 1872 ; Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
© MAN, Valorie Gô
La Gallia Comata désigne la Gaule indépendante, avant sa soumission par Jules César. Elle est située au nord de la province romaine qui deviendra la Narbonnaise. L’adjectif « comata » signifie « chevelue ». Parmi les représentations de la « Gaule chevelue », l’image d’un territoire sauvage, recouvert de forêts et habité par des sangliers, est devenue un cliché largement répandu dans la littérature. Peuplant les forêts, le sanglier est à la fois un animal totémique et un gibier noble. Il figure sur les monnaies gauloises et sur les armes celtiques. Bien représenté dans la mythologie celte, le sanglier tisse des liens avec le monde divin. On le retrouve parmi les motifs de la sculpture religieuse. Dans les mondes grec et romain, il est un gibier dangereux et agressif dont la capture est héroïque : « je le vois qui hérisse ses soies, qui jette le feu par les yeux ; je perçois le bruit de ses dents qu’il aiguise contre vous » (Philocrate, Imagines, 28,1). Pour les Romains, le sanglier est un animal de qualité en chasse, au second rang, juste derrière le lion. Le chasseur se méfie autant du mâle que de la laie qui défend ses marcassins. Affronter le sanglier, c’est d’une certaine manière affronter la mort dont naît la grandeur.
Cette sculpture en bronze, mise au jour en 1872 à Cahors avec un pied de grande statue, provient d’un site comprenant des colonnes, chapiteaux et mosaïques, probablement une maison de notable, un bâtiment public ou un sanctuaire. Située à Divona Cadurcorum, capitale des Cadurques, la ville antique atteignait près de 200 hectares à son apogée. La laie, remarquable par sa taille et son réalisme, est représentée en mouvement, dans une posture défensive : pattes arrière tendues, mamelles visibles, groin allongé, gueule ouverte dévoilant ses défenses. Sa crête et sa fourrure sont finement incisées dans le métal. Animal emblématique des Celtes, le sanglier apparaît aussi dans l’art gréco-romain, souvent dans des scènes de chasse, comme sur un sarcophage découvert à Saint- Béat. Réaliste et influencée par l’art hellénistique, cette sculpture évoque d’autres œuvres similaires produites en Gaule romaine aux IIe et IIIe siècles.
Le dieu de Bouray

Divinité assise en tailleur, fin du Ier s. av. J.-C. – début du Ier s. ap. J.-C. ?, Bouray-sur-Juine (Essonne)
Alliage cuivreux, pâte de verre ; h. 41,5 ; L. 22 ; pr. 17,5 cm
Achat 1933 ; Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
© MAN, Baptiste Simon
Avant la conquête de la Gaule par César, les Gaulois possédaient un panthéon foisonnant et complexe. Les représentations gallo-romaines nous en livrent quelques images et quelques noms, prouvant que ces dieux continuent à être vénérés aux côtés des nouveaux dieux romains. L’association de dieux gaulois et de dieux romains, qui mêle intégration de la religion romaine et fidélité aux cultes indigènes, est par là même un symbole de la romanisation. La collection gallo-romaine du musée d’Archéologie nationale se compose de nombreuses représentations divines exécutées dans des dimensions et des matériaux variés (calcaire, marbre, alliage cuivreux, terre cuite, etc.), et témoigne du très grand nombre de divinités peuplant le panthéon gallo-romain et de la diversité de leurs images.
Cette statue a été découverte en 1911 lors du curage de la rivière traversant le domaine du château du Mesnil-Voysin (Essonne). Acquise en 1933 par le musée des Antiquités nationales, la statue présente un assemblage complexe : tête et cou moulés, corps en tôles de bronze martelées et traces de réparation sur le côté droit. La tête, disproportionnée, a des yeux percés, dont l’un conserve une pupille en verre coloré. La posture en tailleur rappelle des figures comme celle du chaudron de Gundestrup, bien qu’ici le personnage soit nu, avec des traits fins, une chevelure aux mèches traitées en relief et des jambes se terminant par des pattes de cervidé. Ces statues, souvent associées au dieu Cernunnos, symbolisent richesse et divinité, un attribut accentué par la présence de torques ou de cornes de cerf, courants dans la Gaule romaine.
Le canthare d’Alesia

Canthare d’Alésia, première moitié du Ier siècle av. J.-C.
Argent et dorure ; h. 11,5 ; d. : 11 ; l ; 18,8 cm
Don de l’empereur Napoléon III au musée d’Archéologie nationale, 1867
Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
© MAN, Valorie Gô
Napoléon III se passionne pour Jules César, l’histoire romaine et l’archéologie. Soucieux de réconcilier les Français, jusqu’alors divisés par leurs origines nationales, Napoléon III cherche à créer une France gallo-romaine susceptible de transcender les affrontements de mémoire. Les fouilles d’Alésia conduisent à la fondation du Musée gallo-romain à Saint-Germain-en-Laye dans l’ancien château des rois de France, le 8 mars 1862. Ce musée participe à l’institutionnalisation de l’archéologie et de son développement en tant que discipline scientifique, et contribue, par sa vision pédagogique et son exigence de transmission, à l’édification du citoyen. À l’ouverture du musée en mai 1867, seule la Salle d’Alésia contant la victoire romaine sur les Gaulois est inaugurée. Par la suite, une vingtaine d’autres salles gallo-romaines ouvre avant la guerre de 1914. La Gaule chevelue est au cœur des réflexions républicaines : d’un côté, les Gaulois chevelus et sylvestres à la vie simple et frustre ; de l’autre les Romains incarnent l’administration, l’ordre, l’organisation et la rectitude en toutes choses.
Ce vase est découvert en 1862 dans un fossé des fortifications de César creusées à Alésia, lors des fouilles dirigées par Napoléon III. Envoyé à l’empereur par le commandant Stoffel, il est rapidement présenté dans les journaux comme ayant appartenu à César, devenant ainsi un symbole de l’entreprise archéologique de Napoléon III. En réalité, il s’agit d’une coupe luxueuse typique des services d’argenterie romains. Une inscription évoque une coupe jumelle disparue, tandis qu’un nom grec et une profession, « orfèvre », sont gravés. Une autre inscription pourrait indiquer un usage rituel gaulois. Ce vase témoigne d’échanges entre cultures méditerranéennes et gauloises, ayant transité par des aristocrates ou marchands avant d’être offert dans un sanctuaire, puis abandonné dans des circonstances inconnues.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
Gaulois mais romains ! Chefs-d’œuvre du musée d’Archéologie nationale
Cette exposition est organisée par le musée de la Romanité de Nîmes, en partenariat avec le musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye.
Commissaires :
Commissariat général : Nicolas de Larquier, conservateur en chef, Musée de la Romanité.
Commissariat scientifique : Thierry Dechezleprêtre, conservateur en chef du patrimoine, responsable scientifique des collections de la Gaule romaine, musée d’Archéologie nationale et Domaine national du château de Saint-Germain-en-Laye.
Commissariat exécutif : Claire Champetier, adjointe au conservateur, Musée de la Romanité.
Conseillères scientifiques et pédagogiques : Cécile Carrier, chargée d’étude, Musée de la Romanité, et Lucile Novellini, responsable du service des publics, Musée de la Romanité.
Où ?
Musée de la Romanité, Nîmes
16, boulevard des Arènes
30 000 Nîmes
museedelaromanite.fr
Quand ?
Du 29 mai 2025 au 4 janvier 2026
Jusqu’au 31 octobre, tous les jours, de 10h00 à 19h00 (dernière entrée à 18h00).
À partir du 1er novembre, tous les jours, sauf le mardi, de 10h00 à 18h00 (dernière entrée à 17h00).
Fermeture le 25 décembre 2025 et le 1er janvier 2026.
Combien ?
Tarif normal : 9 euros.
Tarif réduit : 6 euros
Le billet donne accès aux collections permanentes et à l’exposition temporaire.
Pour les tarifs réduits, les conditions de gratuité et la billetterie en ligne, rendez-vous sur le site internet du musée.
Comment ?
L’exposition est accompagnée d’une riche programmation culturelle : visites guidées (tout public et scolaires) et visites-ateliers, cycle de conférences, spectacles, projection d’un documentaire. Le détail de la programmation est disponible dans l’agenda du site internet du musée.
Le catalogue de l’exposition est édité par Snoek (152 pages, 24 euros).
