Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise.
Musée des Beaux-Arts, Orléans
9 septembre 2025 – 11 janvier 2026
museesorleans.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise.
[Extrait du dossier de presse]
Rarement un tableau n’a autant attisé les passions que Le Panier de fraises des bois (1761) de Jean Siméon Chardin, quintessence de la peinture française, mis en vente en 2022 et acquis à un prix record par le musée du Louvre après être resté depuis le milieu du XIXe siècle dans la prestigieuse collection de l’Orléanais Eudoxe Marcille (1814-1890). Son nom à lui seul évoque celui de Chardin. Son père, François Marcille (1790- 1856), issu d’une famille de courtiers en graines de la Beauce, s’était intéressé en visionnaire, dès 1822, à tous ces artistes du temps de Louis XV que plus personne ne regardait, jusqu’à réunir la plus grande collection de son temps, riche de 4500 œuvres où se trouvaient par dizaines les Boucher, Fragonard, Greuze, Prud’hon et Géricault… et, au-dessus des autres, trente Chardin. Cette passion dévorante a été transmise avec sa collection à ses deux fils, Eudoxe et Camille. Camille, devenu conservateur du musée de Chartres, et Eudoxe, directeur du musée d’Orléans de 1870 à 1890, ont continué de promouvoir l’œuvre de Chardin, rachetant même à la vente de leur père, au-delà des œuvres qu’il avait désignées pour chacun, ce qui pouvait continuer d’être réuni de ce noyau idéal. Très naturellement, les frères Goncourt, grands biographes des artistes du XVIIIe siècle, puiseront dans cette collection de référence, où est représenté l’ensemble de la carrière de Chardin, pour écrire en 1863 la première biographie du peintre des natures mortes silencieuses et des garde-manger.
Chardin était chez lui à Orléans et, d’une certaine façon, l’était depuis toujours. Son amitié avec Aignan Thomas Desfriches (1715-1800), l’entrepreneur qui avait fait d’Orléans au XVIIIe siècle une capitale artistique, se lisait jusque dans le foulard à carreaux que Chardin porte dans son autoportrait, provenant de chez Desfriches. Desfriches possédait lui-même de nombreux tableaux de Chardin. À sa suite, Casimir de Cypierre (1783-1844), fils de l’intendant d’Orléans sous Louis XVI, dont un quai porte le nom, en possédait au moins trois. François Marcille et son fils Eudoxe allaient continuer de nourrir cette passion orléanaise. Autour du prêt exceptionnel du Panier de fraises des bois, cinq autres Chardin provenant de la mythique collection des Marcille sont réunis pour la première fois depuis la rétrospective de 1979. Ils sont accompagnés de l’Autoportrait aux bésicles, acquisition événement qui a permis en 1991 de faire entrer dans le cabinet des pastels cet artiste cher au cœur d’Orléans, mais dont seul le souvenir habitait les collections. Chardin, plus que jamais, est chez lui au musée d’Orléans que cette famille d’amateurs discrets a contribué à élever, par ses recherches pour François, par vingt ans au service de ses collections pour Eudoxe, en lieu de redécouverte et de partage.

Vernissage de l’exposition © Ludovic Letot.

Vernissage de l’exposition © Ludovic Letot.
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
Présentées par la commissaire de l’exposition,
Olivia Voisin, directrice des Musées d’Orléans et conservatrice en chef du patrimoine.
Le Panier de fraises des bois

Jean Siméon Chardin (1699-1779), Le Panier de fraises des bois, 1761.
Huile sur toile.
Classé trésor national et acquis par le musée du Louvre en 2024
grâce au mécénat d’entreprise et participatif.
Inv. RFML.PE.2024.7.1, Paris, Musée du Louvre, Département des Peintures
© Courtesy of Artcurial.
Après quinze années consacrées à la scène de genre, Chardin revient à partir de 1748 à la nature morte. Toutefois son intérêt des années 1730 pour le rendu vériste des couleurs et des matières laisse place à une recherche sur les masses et les volumes, les reflets et les transparences, trahissant un souci nouveau de l’effet d’ensemble. Le Panier de fraises des bois, sujet unique dans sa carrière, est exposé au Salon de 1761 où il passe inaperçu, avant de devenir à partir de 1862 l’incarnation de l’art subtil de la fin de la vie de Chardin, avec sa composition savante et d’une grande rigueur et cette vision synthétique qui élimine tout détail. Les Goncourt retiennent notamment les deux œillets qui viennent rompre la ligne de la table, « miracle des choses que peint Chardin : modelées dans la masse et l’entour de leurs contours, dessinées avec la lumière, faites pour ainsi dire de l’âme de leur couleur. » Alors qu’il appartenait encore aux descendants d’Eudoxe Marcille, le tableau avait fait la couverture du catalogue de 1979, mythique exposition du Grand Palais qui a révélé Chardin au grand public. Depuis, les Fraises ont inspiré de nombreux artistes contemporains tel Pierre Buraglio.
Autoportrait aux bésicles

Jean Siméon Chardin (1699-1779), Autoportrait aux bésicles, 1773.
Pastel sur papier vergé.
Orléans, musée des Beaux-Arts, inv. 91.5.1,
acquis par préemption en douane en 1991,
avec la participation du Fonds du Patrimoine et du FRAM.
© Ville d’Orléans.
Chardin perd la vue dans ses dernières années, après cinquante ans de carrière. À partir de 1771, il se tourne vers le pastel, technique à la mode depuis une vingtaine d’années et plus simple à maitriser que l’huile, et il n’expose plus au Salon du Louvre que des têtes d’études au pastel, dont la critique admire la couleur hardie et savante. « Sa manière de peindre est singulière : il place les couleurs l’une après l’autre sans presque les mêler, de sorte que son ouvrage ressemble un peu à la mosaïque de pièce de rapport, comme la tapisserie faite à l’aiguille qu’on appelle point-carré ». Sa technique, proche de celle qu’utiliseront les impressionnistes, faite de hachures audacieuses décomposant le spectre chromatique, n’est pas sans rappeler celle de Jean-Baptiste Perronneau, autre académicien fidèle ami d’Aignan Thomas Desfriches. Le foulard qu’il porte sur ce portrait est d’ailleurs commercialisé par cet entrepreneur orléanais qu’il côtoyait à Paris et chez qui il a sans doute séjourné à Orléans. Cette acquisition en 1991 a été un moment historique pour le musée et la Ville d’Orléans qui accueillaient un nom auquel tout les rattachait.
Autoportrait de François Martial Marcille

François Martial Marcille (1790-1856), Autoportrait à l’âge de 35 ans, 1825.
Huile sur toile.
Orléans, musée des Beaux-Arts, inv. PE.623, offert en 1895 par Angèle Huau, sa nièce.
© Ville d’Orléans.
Issus de familles de marchands de bas, reconvertis dans le courtage de graines en Beauce, les parents de François Marcille, connus comme notables sous le nom de Marcille-Pelletier, étaient de cette génération d’entrepreneurs orléanais qui s’étaient intéressés aux arts sous l’impulsion d’Aignan Thomas Desfriches (1715-1800). Lorsque l’appel aux dons est lancé le 30 décembre 1823 pour l’ouverture d’un musée, le père de François, élu au conseil municipal, offre un tableau, de même qu’un frère de son épouse ; mais, surtout, leur fils François part en 1822 à Paris pour étudier les maîtres anciens, apprendre la peinture et développer ce qui sera la plus grande collection du XIXe siècle, preuve d’une sensibilisation précoce. Cet autoportrait réalisé peu après son arrivée dans la capitale trahit un goût romantique qui le conduit vers le XVIIIe siècle délaissé, Prud’hon et Géricault et sans doute à côtoyer certains cercles d’avant-garde qui justifieront cinquante ans plus tard le tropisme de son fils Eudoxe pour l’école de 1830. Il donne en 1846 deux tableaux, un de Van Mol et un de l’atelier de Vouet, et contribue par ses recherches au catalogue des collections de 1851. Sa mort en 1856 donne lieu à plusieurs jours de vente, dont sont extraits au préalable les plus précieux tableaux laissés à ses fils, qui rachèteront néanmoins nombre de tableaux et dessins, notamment de Chardin et de Prud’hon.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
Les Chardin des Marcille. Une passion orléanaise.
Cette exposition est organisée par le musée des Beaux-Arts d’Orléans, avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre.
Commissaire : Olivia Voisin, directrice des Musées d’Orléans et conservatrice en chef du patrimoine.
Où ?
Musée des Beaux-Arts
Place Sainte-Croix
45000 Orléans
museesorleans.fr
Quand ?
Du 9 septembre 2025 au 11 janvier 2026
Du mardi au samedi de 10h00 à 18h00.
Le dimanche de 13h00 à 18h00.
Nocturne jusqu’à 20h00 le jeudi.
Fermeture les lundis et, pendant le temps de l’exposition, les 1er et 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.
Combien ?
Tarif normal : 8 euros.
Tarif réduit : 4 euros.
Le billet donne accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires, ainsi que, le jour de l’achat, aux autres musées du réseau (Centre Jeanne d’Arc et Hôtel Cabu – musée d’Histoire et d’Archéologie).
Les informations concernant les tarifs réduits et les conditions de gratuité sont disponibles sur le site internet des musées d’Orléans.
Comment ?
Des activités culturelles sont proposées par l’équipe du musée en marge de l’exposition (conférence, visites guidées, ateliers). Les informations sont disponibles dans l’agenda des musées d’Orléans.
