L’Ombre & la Grâce. Souvenirs du Monde flottant.
Hôtel Cabu, Orléans
20 septembre 2025 – 8 mars 2026
museesorleans.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
L’Ombre & la Grâce. Souvenirs du Monde flottant.
[Extrait du dossier de presse]
Fruit d’un vaste travail d’inventaire mené entre 2021 et 2023, près de 2500 œuvres d’art et objets asiatiques, pour beaucoup rarement exposés, ont été identifiés dans les musées de la région Centre-Val de Loire. Le projet « Asie en Centre-Val de Loire » vise à mettre en lumière ce patrimoine et à explorer les liens historiques qui unissent la région aux pays d’Extrême-Orient, du XVIIe au XXe siècle. En s’appuyant sur la richesse de ces collections, l’Hôtel Cabu ouvre cette saison culturelle asiatique, appelée à se déployer jusqu’en 2027.
L’exposition L’Ombre et la Grâce. Souvenirs du Monde flottant est une immersion dans le Japon de l’époque Edo (1603-1868) et s’attache à questionner les représentations féminines dans l’ukiyo-e. Au XVIIe siècle, Edo (actuelle Tōkyō) devient la ville la plus peuplée du monde et le centre du pouvoir du clan Tokugawa. L’ukiyo-e (images du Monde flottant) désigne le mouvement artistique qui émerge dans cette métropole dynamique, sous l’impulsion de la bourgeoise, alors en plein essor. En exaltant la dimension éphémère de l’existence, le paysage et la vie quotidienne s’imposent comme un réservoir inépuisable de thématiques. L’estampe connaît un développement sans précédent et devient le principal véhicule de l’ukiyo-e. Elle reflète les principaux divertissements de la culture urbaine : histoires fantastiques, théâtre kabuki (forme théâtrale épique caractérisée par un maquillage élaboré), sumo, littérature et surtout les quartiers des plaisirs, où se mêlent toutes les classes de la société.
L’Ombre et la Grâce retrace les échanges stylistiques et techniques entre l’Europe et le Japon jusqu’au XIXe siècle. La figure féminine est au cœur des « images du Monde flottant ». Ces productions mettent l’emphase sur le caractère éphémère de la beauté du monde. L’estampe joue un rôle essentiel dans la diffusion de ces images sublimées tant dans l’archipel qu’en France durant la seconde moitié du XIXe siècle. Si cette image idéalisée fut longtemps la seule retenue en Europe, la réalité de la vie dans le quartier des plaisirs était beaucoup plus sombre.
L’artiste Utagawa Kuniyoshi (1797-1861) a profondément transformé l’estampe japonaise par la minutie des détails et le renouvellement de différents genres iconographiques. Maître du mouvement, il insuffle aussi à ses figures un humour caricatural. Son influence marque durablement la culture populaire japonaise (tatouage, manga). À la fin du XIXe siècle, les ventes des grandes collections d’art japonais remettent en lumière cet artiste incontournable.

L’exposition L’Ombre & la Grâce à l’Hôtel Cabu © Musées d’Orléans

L’exposition L’Ombre & la Grâce à l’Hôtel Cabu © Musées d’Orléans
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
Présentées par la commissaire de l’exposition,
Mathilde Rétif, chef de projet de l’association des musées du Centre-Val de Loire.
Abumiguchi

Hokusai Katsushika (1760-1849), Abumiguchi, fin du XVIIIe siècle – 1e moitié du XIXe siècle.
Gravure sur bois, impression en couleur sur papier japonais.
Châteaudun, musée des Beaux-Arts et d’Histoire naturelle, inv. 2007.0.1.239.
© Ville de Châteaudun
Un nouveau genre littéraire prend son essor au même moment que l’ukiyo-e : il s’agit du kaidan, la littérature de fantômes et de créatures fantastiques. Parmi les premiers jalons de cette littérature figure l’Otogi bōko, rédigé par Asai Ryōi (1612-1691) en 1666, année où il publie également l’Ukiyo-monogatari. Avec le développement de l’estampe, les histoires sont accompagnées d’illustrations. Ces ouvrages, appelés des e-hon, inspirent les artistes. Toriyama Sekien (1712-1788) consacre la fin de sa carrière à la compilation des figures surnaturelles, les yōkai, tirées du folklore. Il publie l’ensemble des créatures fantastiques recensées, plus de deux cents, issues de différents bestiaires. Il crée ainsi une véritable encyclopédie visuelle qui inspire encore les artistes de nos jours. L’Abumiguchi est tiré d’un yōkai au registre plus élégiaque. À l’instar des esprits-renard, l’abumiguchi naît d’un objet ou d’un animal errant depuis 99 ans. L’objet en question ici est un abumi, un étrier, qui aurait été abandonné par un guerrier mort. Après avoir attendu un siècle que son maître vienne le chercher, en vain, l’objet se transforme en Abumiguchi et erre de façon mélancolique. Ce petit monstre se reconnaît par sa forme sphérique recouverte de poils et la bouche en forme d’étrier.
La Soeur d’Aihara Esuke Munefusa

Utagawa Kuniyoshi (1798-1861), La Sœur d’Aihara Esuke Munefusa,
tiré de la série Histoires des cœurs fidèles (Seichû gishun den), 1848,
publié par Ebiya Rinnosuke (en activité entre 1832-1895).
Gravure sur bois, impression en couleur, papier japonais, 36,5 x 25,6 cm.
Orléans, musée des Beaux-Arts, inv. 2016.0.4172
© Musées d’Orléans
La série Histoire des cœurs fidèles est une série méconnue du public par la rareté de sa présence dans les collections muséales internationales. Elle se concentre sur la représentation de figures féminines qui gravitent autour des 47 rônins, sujet artistique et littéraire extrêmement populaire de la période Edo (1603-1868). L’artiste porte une attention particulière à la richesse des costumes. Son style se distingue aussi par son côté théâtral, presque caricatural. Les personnages ont l’air d’être saisis dans une attitude posée, renforçant le parallèle avec le théâtre kabuki dans lequel les acteurs s’immobilisent pour accroître l’effet dramaturgique et suspendre le temps. Si les figures se détachent sur un fond laissé en réserve, quelques éléments permettent subtilement d’évoquer le contexte. La composition simple concentre l’attention du spectateur sur le personnage.
Vase potiche du XVIIIe siècle

Fours d’Arita (Japon), Vase potiche, XVIIIe siècle.
Porcelaine, oxyde de cobalt sous couverte, oxyde de fer et or sur couverte, 52 x 27 cm.
Orléans, musées des Beaux-Arts, inv. 6839.1
© Musées d’Orléans
Les principaux centres de productions de la porcelaine japonaise sont Arita et Imari. Le décor de type imari se caractérise par un décor bleu (obtenu par l’oxyde de cobalt) appliqué sous la couverte, rouge (obtenu par l’oxyde de fer) sur la couverte et doré (avec de l’or délayé). La couverte est l’enduit vitrifiable apposée sur les porcelaines et les grès pour leur conférer un aspect brillant. Ce vase potiche présente un programme iconographique dense. Des rinceaux évoluent sur le fond bleu profond. Au niveau inférieur, un cartouche présente un shishi (lion gardien) entre un prunus et un bambou, symbole de la droiture. Le lion, figure protectrice, est reproduit en ronde-bosse sur le couvercle du vase potiche, hissé sur ses pattes arrière. Les cartouches se déploient sur un fond de chrysanthèmes et de feuillages. Des hôô (phénix, également symboles de bonheur et de renaissance) se détachent sur un fond doré orné de motifs en virgule. Ce dernier évoque le magatama, une forme ornementale utilisée au Japon depuis la préhistoire et considérée comme un des talismans offerts par la déesse Amateratsu, déesse du Soleil, et à l’origine de la lignée impériale. Des pivoines, évoquant la richesse et de jeunesse, s’épanouissent sur un fond bleu et or.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
L’Ombre & la Grâce. Souvenirs du Monde flottant.
Cette exposition est co-construite par l’association des Musées en Centre-Val de Loire et l’Hôtel Cabu – musée d’Histoire et d’Archéologie d’Orléans, sous le patronage de l’Ambassade du Japon en France.
Commissaire : Mathilde Rétif, chef de projet de l’association des musées du Centre-Val de Loire.
Où ?
Hôtel Cabu
Musée d’Histoire et d’Archéologie
1, square Abbé Desnoyers
45000 Orléans
museesorleans.fr
Quand ?
Du 20 septembre 2025 au 8 mars 2026
Du mardi au dimanche de 13h00 à 18h00.
Fermeture les lundis et, pendant le temps de l’exposition, les 1er et 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.
Combien ?
Tarif normal : 8 euros.
Tarif réduit : 4 euros.
Le billet donne accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires, ainsi que, le jour de l’achat, aux autres musées du réseau (Centre Jeanne d’Arc et musée des Beaux-Arts).
Les informations concernant les tarifs réduits et les conditions de gratuité sont disponibles sur le site internet des musées d’Orléans.
Comment ?
Des activités culturelles sont proposées par l’équipe du musée en marge de l’exposition (conférence, spectacle, visites guidées, ateliers). Les informations sont disponibles dans l’agenda des musées d’Orléans.
