Verseuse à alcool dite « Cadogan »
Abbaye de Belleperche – Musée des Arts de la Table
Cordes-Tolosannes, France
www.belleperche.fr
🇫🇷

Verseuse à alcool dite « cadogan », Yixing, Chine, XIXe s.
Grès brun et jaune, L. 18,5 ; H. 10,8
Ancienne collection Patrice Valfré, Musée des arts de la table / CD 82. Inv. 2010.67.165
© Musée des arts de la table. Photo Jean-Michel Garric
Texte : Jean-Michel Garric, chef de service, Abbaye de Belleperche – Musée des Arts de la Table.
Bien que cet objet ressemble à une théière, il s’agit d’une verseuse à alcool. Cet usage nous rappelle qu’à l’origine, avant l’apparition des premières théières vers 1500, ces formes existaient déjà en Chine et que c’est sur leur base que l’on a imaginé la théière.
Ici, il n’y a pas de couvercle. Le remplissage s’effectue en retournant l’objet. Le fond est creux et percé d’un trou qui est en fait l’entrée d’un tube. L’alcool se déverse dans le récipient par le tube, qui l’empêche de couler par le fond lorsque l’objet est replacé en position correcte.
En Europe, ces objets qui existent en Chine depuis des siècles ont d’abord pris place dans les cabinets de curiosité. Le nom vient du comte de Cadogan qui, le premier, a possédé une pièce aussi étonnante dans sa collection. Au XIXe siècle, des copies de ces verseuses, fabriquées essentiellement en Angleterre, ont servi pour l’eau chaude proposée avec le thé.
La forme de l’objet est celui d’une pêche, un motif commun dans l’art chinois. La pêche est symbole d’immortalité, donc, pour les humains, de longévité. La légende dit que la Reine Mère de l’Ouest, Xi Wang Mu, possède un pêcher qui, tous les trois mille ans, produit des pêches donnant l’immortalité à quiconque les mange. C’est au cours de ses festins d’anniversaire qu’elle invite les autres dieux à consommer le fruit. Pour un mortel, la pêche est un souhait de longue vie. En conséquence, consommer de l’alcool tiré d’une verseuse en forme de pêche, revient à absorber ce souhait.
