RÉSIDENCE # 06/09

🇫🇷 🇬🇧

Hubert-François Gravelot (1699-1773), Tom Jones,
Book VII, chapter 14 from the 1750 French Edition
Drawing for Book VII, chapter 14 of Tom Jones
Circa 1749
Graphite on paper
Purchased with an anonymous donation given through the National Art Collections Fund
and the Gainsborough’s House Society Development Trust, July 2001
2001.094 © Gainsborough’s House

Note : 5 sur 5.

Texte : Mahaut de La Motte-Broöns, assistante de conservation, Gainsborough’s House.

Né en France, Hubert-François Bourguignon, dit « Gravelot » (1699–1773), apprit le dessin sous la direction de François Boucher et Jean Restout le Jeune. En 1732, il s’installa à Londres, attiré par la demande locale pour les artistes français. Il rencontra Thomas Gainsborough, soit dans son premier atelier à Covent Garden, soit dans ses cours de dessin à l’académie informelle de Saint Martin’s Lane, ouverte en 1735 sous l’inspiration de William Hogarth. Gravelot mit à la mode l’idée qu’un livre devait être à la fois intéressant à lire et plaisant à voir. Ses vignettes, illustrations de petite taille, participèrent à la diffusion du goût rocaille en Angleterre. Sa carrière coïncida avec le triomphe du roman sentimental, comme Pamela de Samuel Richardson qui fut un succès de librairie. Le miniaturiste suisse Jean-André Rouquet, de la Royal Academy, dit de son influence : « Monsieur Gravelot (…) contribua fortement à répandre un goût d’élégance parmi les artiste anglais. (…) Ils apprirent de lui l’importance de la composition » (L’état actuel des arts en Angleterre, The present state of the arts in England, 1755). Après la défaite anglaise à Fontenoy en 1745, l’opinion publique devint très défavorable aux artistes français installés à Londres. Gravelot revint en France dès octobre 1745. Son travail resta, toutefois, apprécié en Angleterre. Il continua de recevoir des commandes pour des illustrations de livre plus de vingt ans après son départ. Son opinion professionnelle et la formation qu’il avait donnée en Angleterre étaient telles que, sur ses recommandations, les éditeurs anglais embauchaient ses anciens élèves, Thomas Major, Charles Grignion et Samuel Wale, pour graver leurs livres. L’une des œuvres majeures de sa carrière fut la première édition française de Tom Jones, le roman d’Henry Fielding publié en 1749 pour la version originale. Gravelot suit le texte de la revanche de Tom de manière précise. Dans le chapitre précédent, Tom a été attaqué par l’un de ses ennemis, Northerton, qui est ensuite emprisonné. Tom, encore ensanglanté de son combat, descend dans la prison en pleine nuit, l’épée à la main pour le tuer. Son apparence terrifie le gardien, qui, superstitieux, pense voir un fantôme, et s’évanouit. Cette étude montre le soin apporté à la composition avec la perspective minutieusement construise depuis le point du compas à gauche.