Le Condottiere
Musée de Lons-le-Saunier
Lons-le-Saunier, France
lonslesaunier.fr
🇫🇷

Ferdinand Gaillard (Paris, 1834 – id., 1887)
d’après Antonello de Messine (Messine, vers 1430 – id., 1479)
Le Condottiere, 1864
Épreuve avant la lettre, burin, H. 42,8 cm, L. 30 cm.
Collection Musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier. Don Ferdinand Gaillard, 1875 (inv. B41)
© Musée de Lons-le-Saunier, cliché David Vuillermoz
Texte : l’équipe du musée de Lons-le-Saunier.
Grand prix de Rome de gravure en taille-douce en 1856, Ferdinand Gaillard est considéré par nombre de ses contemporains comme le maître du burin du XIXe siècle. Remarqué à ses débuts par la qualité de ses aquarelles restituant, dans un souci de véracité inédit, les fresques de Pompéi, ses premiers travaux gravés sont critiqués. Leurs principes d’exécution sont, en effet, en rupture avec les traditions enseignées à l’École des beaux-arts, les traits laissés par le burin sur ses œuvres de reproduction n’étant pas assez marqués et rappelant « une vapeur qu’un souffle peut dissiper ». Il figure d’ailleurs au Salon des refusés de 1863. La gravure Le Condottiere est le premier grand succès public et critique de l’artiste, elle provoque une véritable surprise au Salon de 1865. Il s’agit d’une commande de la Gazette des beaux-arts avec laquelle le graveur collabore régulièrement. Les contemporains sont frappés par l’exactitude de la reproduction des traits et par la fidélité de l’exécution de la touche du peintre. La critique salue les variations raffinées des tonalités de noirs, l’expressivité du regard, la diversité des textures. L’habileté de Gaillard à rendre les matières s’exprime ici pleinement dans le velouté du couvre-chef qui émerge véritablement du fond lissé de l’arrière-plan. Le musée conserve trente-quatre gravures de Ferdinand Gaillard, la plupart épreuves d’artistes ou épreuves avant la lettre. Elles ont été données par l’artiste ou par sa famille, qui est originaire des environs de Lons-le-Saunier.
