Pendule représentant Buffon
Musée & parc Buffon
Montbard, France
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🇫🇷

D’après Augustin Pajou, Pendule représentant Buffon, bronze patiné, début du XIXe siècle
Collection musée & parc Buffon, Montbard, inv. 2003.109.1
© Musée et parc Buffon, Montbard.
Texte : Tony Fouyer, directeur, musée & parc Buffon, Montbard.
Les calculs de temps décrits par Buffon sont révolutionnaires, tout comme le sont les théories liées à l’âge de la Terre. L’époque est complexe et c’est la religion, par l’intermédiaire de la Bible, qui fixait jusque-là cet âge. Les contemporains de Buffon ne sont pas dupes et sont parfaitement conscients de la portée de ces résultats. Même si les résultats livrés par Buffon sont bien inférieurs à ce que le savant pressent, ils bouleversent les esprits et offrent l’image d’un Buffon, déjà maître des quatre éléments par l’intermédiaire de ces forges, désormais aussi maître du temps.
Cette pendule, qui s’inscrit dans la typologie des pendules à sujet de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, illustre parfaitement ce phénomène. Moins fantaisistes que les modèles produits du temps de Louis XVI, ces pendulent figurent souvent des sujets mythologiques tirés de l’Antiquité gréco-romaine. Loin de s’y limiter, des amours et des sujets, occupés à des tâches matérielles comme la forge, y trouvent aussi leur place. Parmi ces sujets, on trouve également Buffon, qui bénéficie d’une aura particulière. Loin d’être l’exemplaire le plus complexe, on y voit un Buffon, plume à la main, en train de rédiger son Histoire naturelle. D’autres modèles, plus fantasques comme celui du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, mettent en scène Buffon rédigeant son ouvrage au milieu des animaux, parmi lesquels on compte des reptiles, des amphibiens ou encore des oiseaux.
La sculpture visible sur l’exemplaire montbardois s’inspire des modèles proposés par Pajou. Sculpteur du XVIIIe siècle, Augustin Pajou (1730-1809) est lauréat du prix de Rome de sculpture en 1748. Il apprécie les figures mythologiques, mais il immortalise également certains de ces contemporains. La comtesse du Barry en 1773 ou encore Élisabeth Vigée Le Brun en 1785 en font partie. Il en est de même de Buffon, pour lequel il réalise plusieurs bustes et statues représentant le célèbre naturaliste. Parmi eux se trouve le Buffon de la Grande Galerie de l’évolution, au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Elle montre le savant au profil grec idéalisé, particulièrement athlétique, rédigeant son texte au milieu des minéraux, des plantes et des animaux qu’il étudie. Un globe se trouve à côté de lui, signifiant l’empreinte du savant sur le monde.
On le constate à travers ces productions, l’aura de Buffon, en cette fin de XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, est immense. Elle donne naissance à une véritable Buffomania qui s’exprime à travers une série d’objets, très différents les uns des autres.
