RÉSIDENCE # 03/09

🇫🇷

Le Daubenton de Marcel Paupion (1948)
Coll. Musée Buffon © X. Spertini

Note : 5 sur 5.

Texte : Tony Fouyer, directeur, musée & parc Buffon, Montbard.

Cette statue de Daubenton, dans le parc Buffon de Montbard, a été réalisée par Marcel Paupion en 1948. Sculpteur originaire de Dijon, où il est né le 19 décembre 1886, Paupion fait ses classes dans l’atelier de Désiré Piron. Admis à l’École des Beaux-Arts de Dijon, il étudie auprès d’Ernest Bouteiller. Boursier du Département, il est admis, en 1906, à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris et entre dans l’atelier d’Antonin Mercié. Il suit, en parallèle, les cours de Paul Gasq, sculpteur dijonnais qui bénéficie d’une belle notoriété. Talentueux, Paupion est récompensé du Prix Roux et au Salon des Artistes Français, en 1912, pour sa réalisation Froid. En 1913, l’État le récompense au Salon pour son Chasseur primitif. Bénéficiant de cette légitimité, il réalise, en 1914, le Monument à l’aviateur Hubert Latham (1883-1912) (Maillebois, Eure-et-Loir). Mobilisé, blessé, mais renvoyé au front, Paupion travaille durant le conflit. Parmi les sculptures réalisées, on trouve Delenda Germania et Souvenirs de Lorette. Dans l’entre-deux-guerres, il se fait remarquer par la critique en réalisant une Pieta (1920) et une Tête de Christ (1921). Durant cette période, Paupion obtient la commande de deux monuments aux morts : celui de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) qui représente une victoire ailée, fortement imprégnée des productions Arts déco, et celui de Bresse (Vosges).

Désigné par l’État pour réaliser le Daubenton aujourd’hui visible, l’œuvre vient remplacer un buste en bronze. Ce dernier, datant de 1909, avait été envoyé en Allemagne en 1942, pour y être fondu. De l’œuvre originale d’Edme Marie Cadoux – également élève d’Antonin Mercié à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris –, il ne reste que la partie basse du monument, conservée par Paupion. Ce médecin, naturaliste et premier directeur du Muséum national d’Histoire naturel de Paris, y est représenté debout, en pieds, adossé à un rocher. Il examine un crâne de primate qu’il tient entre ses mains. En contrebas, on trouve deux béliers, des mérinos. Inaugurée le 23 mai 1948, la statue vient rappeler l’importance de Louis Jean-Marie Daubenton (1716-1800) dans le paysage montbardois qui l’a vu naître. De par son style, la statue contraste avec celle de son prédécesseur, mais aussi de celle qui est inaugurée par Napoléon III en 1864 et présentée à Paris, au Jardin d’Acclimatation [la voir ici sur wikipedia]. Elle rend à Daubenton, la simplicité qui le caractérisait.

Le Daubenton de Marcel Paupion (1948)
Coll. Musée Buffon © X. Spertini