EXPOSITION # 78

🇫🇷 🇬🇧

Note : 5 sur 5.

Joyaux dynastiques

Du 10 décembre 2025 au 6 avril 2026, la Collection Al Thani à l’Hôtel de la Marine, à Paris, présente le troisième volet d’une trilogie d’expositions organisée en collaboration avec le Victoria and Albert Museum. Après les deux précédentes éditions, respectivement consacrées aux arts du Moyen Âge et de la Renaissance, cette exposition réunit des joyaux rares, historiques et d’une importance majeure, provenant à la fois des collections du prestigieux musée londonien, le V&A, et de la Collection Al Thani, dont beaucoup sont exposés en France pour la première fois.
Le bijou, expression intemporelle de pouvoir et de prestige, se révèle ici aussi comme un objet intime, porteur de sentiments et messager de faveurs royales. L’exposition rassemble des joyaux associés au règne de figures emblématiques de l’histoire européenne, telles que les impératrices Catherine II de Russie, Joséphine, Marie-Louise d’Autriche et la reine Victoria. Pierres de légende, diadèmes somptueux, broches éblouissantes et colliers d’apparat composent un langage fastueux, celui des cours royales, où chaque gemme révèle le statut, la lignée et l’autorité de son illustre détenteur.
L’exposition bénéficie de prêts exceptionnels d’institutions telles que la Royal Collection, grâce à la générosité de Sa Majesté Charles III, les Historic Royal Palaces grâce à la générosité de Sa Grâce le duc de Fife, le musée national du château de Compiègne, le domaine national du château de Fontainebleau, le Muséum national d’histoire naturelle, le musée de Minéralogie Mines Paris – PSL, ainsi que les collections patrimoniales de Cartier, Chaumet, Mellerio et Van Cleef & Arpels.

Exposition Joyaux dynastiques à la Collection Al Thani.
© The Al Thani Collection. Photos by Marc Domage.

Exposition Joyaux dynastiques à la Collection Al Thani.
© The Al Thani Collection. Photos by Marc Domage.

Note : 5 sur 5.

UNE SÉLECTION D’ŒUVRES

présentées par la commissaire de l’exposition,
Emma Edwards, project curator au Victoria and Albert Museum.

Note : 5 sur 5.

Le diadème Manchester

Diadème Manchester, Cartier Paris, 1903
Diamants, or, argent, verre, 9,1 × 23,5 × 19 cm
Victoria and Albert Museum, M.6:1-2007
Dation au gouvernement britannique, attribuée au Victoria and Albert Museum, 2007
© Victoria and Albert Museum, Londres

Au début du XXe siècle, les trois frères Louis, Pierre et Jacques Cartier transforment la maison familiale parisienne pour en faire une entreprise de grande envergure. Reflets d’une époque de charme, de voyages et d’opulence, des boutiques Cartier ouvrent à Paris en 1899, à Londres en 1902 et à New York en 1909. Le diadème est commandé à Cartier Paris en 1903 par la duchesse douairière de Manchester. Née Consuelo Yznaga à New York en 1853, elle était d’origine américano-cubaine. Mariée au vicomte Mandeville en 1876, elle devint duchesse de Manchester en 1890. Elle faisait partie de ces héritières fortunées qui, à la fin du XIXe siècle, se marièrent à des membres de l’aristocratie britannique. En échange d’une dot conséquente, de richissimes familles américaines s’intégraient ainsi dans la noblesse européenne, s’assurant par ce biais un prestige considérable dans la société nord-américaine. Le diadème est structuré par des volutes entrelacées, formant une succession de cœurs d’or et d’argent qu’agrémente un motif flammé, le tout serti de plus de mille diamants. Ce motif du cœur orné de flammes trouve sa source dans la ferronnerie française du XVIIIe siècle. Les formes légères et gracieuses des créations Cartier de l’époque sont qualifiées par le terme de « style guirlande ».

Note : 5 sur 5.

La broche de l’impératrice Catherine II

Broche de l’impératrice Catherine II, Russie, v. 1750-1770
Rubis, diamants, or, argent, émail, 12,3 × 6,7 × 3,5 cm
Victoria and Albert Museum, M.85-1951, Legs Cory
© Victoria and Albert Museum, London

Les Romanov, qui ont régné sur la Russie pendant trois siècles, jusqu’à leur destitution lors de la révolution de 1917, sont l’exemple même d’une dynastie qui exhibe son pouvoir en arborant une quantité phénoménale de pierres précieuses. L’une après l’autre, chaque génération prend conscience qu’elle a besoin de ces bijoux splendides pour affirmer son rang et asseoir son autorité. Les vastes ressources minérales des monts Oural procurent des gemmes extraordinaires, entre autres des diamants remarquables. L’usage du diamant est fréquemment associé aux souveraines qui, pour conforter leur statut, imposent de nouvelles modes en matière d’apparat. L’impératrice Catherine II, dite Catherine la Grande (r. 1762-1796), s’empare du trône aux dépens de son époux, Pierre III (1728-1762), dans une manœuvre politique audacieuse. Si elle avait échoué, elle aurait été, au mieux, exilée dans un couvent, au pire (et plus vraisemblablement), assassinée à son tour de manière opportune.

Note : 5 sur 5.

La broche rose de la princesse Mathilde

Broche rose de la princesse Mathilde, Mellerio, Paris, v. 1864
Diamants, or, argent, 14,5 x 10,8 x 5,1 cm
Collection Al Thani, ATC452
© Collection Al Thani, 2018. Tous droits réservés.
Photographie de Prudence Cuming Associates Ltd.

Cousine de Napoléon III, réputée pour sa grande beauté, la princesse Mathilde Bonaparte (1820-1904) était aussi une hôtesse renommée de la France du Second Empire. Son salon de la rue de Courcelles était très couru et l’on y croisait artistes illustres, écrivains célèbres et représentants de familles royales. Sa splendide collection de bijoux n’avait d’égale que celle de l’impératrice Eugénie. Cette broche de diamants, en forme de rose épanouie, fut conçue pour la princesse vers 1864, par le joailler parisien Mellerio dits Meller. C’est l’une des pièces les plus remarquables de sa collection à nous être parvenues et l’un des plus beaux bijoux du XIXe siècle.

Note : 5 sur 5.

INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS

Quoi ?
Joyaux dynastiques
Cette exposition est organisée par la Collection Al Thani, en collaboration avec le Victoria and Albert Museum de Londres.
Commissaire : Emma Edwards, project curator au Victoria and Albert Museum.

Comment ?
L’exposition donne lieu à une série de visites guidées et d’ateliers, ainsi qu’à un cycle de conférences. Des bals d’époque et d’autres événements spéciaux sont également programmés. Le détail est disponible dans l’agenda en ligne de l’Hôtel de la Marine.
Le catalogue de l’exposition, dirigé par Emma Edwards, est publié par les Éditions du Patrimoine – Centre des monuments nationaux (240 pages en français, 48 pages en anglais, 42 euros).