Cezanne
Fondation Beyeler, Riehen/Bâle (Suisse)
25 janvier – 25 mai 2026
www.fondationbeyeler.ch
🇫🇷

PRÉSENTATION
Cezanne
[Extrait du dossier de presse]
Pour la première fois de son histoire, la Fondation Beyeler consacre une exposition monographique à Paul Cezanne (1839-1906), pionnier de l’art moderne et artiste majeur de sa collection. Réunissant environ 80 œuvres, l’exposition se concentre sur la dernière et la plus significative des périodes de travail du peintre français, donnant à voir Cezanne au sommet de son art : portraits énigmatiques, figures paradisiaques de baigneurs et de baigneuses, paysages provençaux viscéralement évocateurs, et enfin son motif privilégié, la montagne Sainte-Victoire, dont il réalise des vues toujours renouvelées. Dans son atelier du sud de la France, Cezanne met son intuition magistrale au service d’un puissant jeu de tensions entre lumière, couleur et forme, construisant des images révolutionnaires qui inspirent jusqu’à aujourd’hui des générations d’artistes. L’exposition donne à voir un artiste qui a réinventé la peinture, s’établissant ainsi, selon les mots de Pablo Picasso, comme « notre père à tous ».
L’exposition présente l’œuvre tardive profondément novatrice de Cezanne à travers 58 huiles sur toile et 21 aquarelles provenant de célèbres collections institutionnelles et privées de Suisse, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Espagne, des Pays-Bas, du Danemark et des États-Unis. Aux côtés de tableaux emblématiques de collections publiques majeures, telles celles du Museum of Modern Art et du Metropolitan Museum, tous deux à New York, du Musée d’Orsay à Paris, du Philadelphia Museum of Art, de la National Gallery of Art Washington et de la Tate à Londres, la moitié des œuvres exposées sont de rares prêts venant de collections privées.
Parmi les points forts de l’exposition figure le rassemblement de neuf vues de la montagne Sainte-Victoire, ainsi que la présentation conjointe des deux rares versions des joueurs de cartes : d’une part l’œuvre très connue de la Courtauld Gallery à Londres, d’autre part les Joueurs de cartes du Musée d’Orsay à Paris, qui sont tout aussi légendaires. Sont également exposées 14 natures mortes de fruits du peintre, très appréciées, ainsi que huit portraits et autoportraits remarquables. Par ailleurs, La pierre à moudre au parc du Château Noir (La meule), 1892–1894, est une œuvre majeure venue de Philadelphie, qui n’a jusqu’ici jamais été prêtée en Europe. C’est la première fois que deux versions à l’aquarelle du Garçon au gilet rouge sont présentées l’une à côté de l’autre, ce qui constitue un événement particulier. Plusieurs œuvres, qui n’avaient pas été montrées depuis des décennies, sont également exposées, dont le Portrait de Paul Cezanne, vers 1895. L’exposition met en avant de nombreux tableaux sur lesquels Cezanne a volontairement laissé la toile en partie non peinte, ainsi que plus de 30 paysages de Provence.

Vue d’installation « Cezanne », Fondation Beyeler, Riehen/Bâle, 2026
© Photo : Mark Niedermann

Vue d’installation « Cezanne », Fondation Beyeler, Riehen/Bâle, 2026
© Photo : Mark Niedermann
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
présentées par Louise Bannwarth, Assistant Curator à la Fondation Beyeler
Portrait de l’artiste à la palette

Paul Cézanne, Portrait de l’artiste à la palette, vers 1890
Huile sur toile, 92 × 73 cm
Collection Emil Bührle, en dépôt au Kunsthaus Zürich
Cet autoportrait, réalisé par Paul Cezanne vers 1890, cristallise un moment charnière dans sa carrière artistique. Alors âgé d’une cinquantaine d’années, le peintre se représente debout devant son chevalet, selon un schéma classique. Le tableau qu’il est en train de peindre n’est pas visible, mais la palette qu’il tient dans sa main droite attire l’attention. Par sa position très verticale, elle se confond avec la surface de la toile pour devenir un tableau dans le tableau. En effet, au lieu de figurer les couleurs non mélangées, telles qu’elles sont habituellement disposées sur une palette, Cezanne a peint de petites touches juxtaposées, dont les teintes évoquent ses paysages provençaux. Ce qu’il nous montre ici, ce sont justement les « taches colorées » au moyen desquelles il construit ses toiles. Ces taches sont la traduction en peinture des « sensations colorantes » que son œil enregistre devant un motif. Le regard du peintre est justement au cœur de cette œuvre. Tandis que son œil droit nous fixe, l’œil gauche semble tourné vers l’intérieur. Bien plus qu’un simple autoportrait, ce tableau est un manifeste de la nouvelle voie que Cezanne cherche à ouvrir en peinture : « Je suis le primitif de ma propre voie », déclarait-il. Il s’agit de dépasser le réalisme et l’impressionnisme et de libérer la peinture des conventions de représentation comme la perspective centrale ou l’exactitude anatomique.
Bouteille, carafe, cruche et citrons

Paul Cezanne, Bouteille, carafe, cruche et citrons, 1902–1906
Aquarelle sur papier, 44,5 × 60 cm
Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
Paul Cezanne a peint cette aquarelle représentant une bouteille, une carafe, une cruche et quelques citrons posés sur une table dans les dernières années de sa vie, au cours desquelles il pratique assidûment la peinture à l’aquarelle. Ses aquarelles ne sont pas des esquisses préparatoires mais des œuvres autonomes. Elles reprennent tous ses sujets de prédilection : natures mortes, portraits, paysages, dont de magnifiques vues de la montagne Sainte-Victoire. La technique de l’aquarelle offre à l’artiste une grande liberté et lui permet d’expérimenter sur les formes et les couleurs. Ainsi, Cezanne utilise le blanc du papier pour créer des zones de lumière, puis esquisse le motif au crayon et à l’aquarelle. On remarque qu’il cerne souvent les objets de plusieurs lignes de contours bleutées, comme pour mieux saisir leur placement dans l’espace. La fraîcheur des couleurs, le dynamisme du trait et le subtil jeu des lavis de couleurs superposés font de ses aquarelles des œuvres d’une grande virtuosité technique et d’une modernité frappante.
La Montagne Sainte-Victoire

Paul Cezanne, La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves, 1902–1906
Huile sur toile, 65 × 81 cm
Collection privée. Photo : Dominic Büttner
Paul Cezanne a été fasciné toute sa vie durant par la montagne Sainte-Victoire et l’a peinte près d’une centaine de fois, si bien qu’aujourd’hui, ce massif rocailleux des environs d’Aix-en-Provence est étroitement associé à son œuvre dans l’imaginaire collectif. Ces toiles ont été réalisées en plein air, à l’exemple des peintres impressionnistes, aux côtés desquels Cezanne a travaillé dans les années 1870. Mais contrairement à ces derniers, Cezanne ne s’intéresse pas aux effets des variations éphémères de la lumière sur le paysage. Au contraire, il cherche plutôt à saisir par sa peinture quelque chose de la présence immuable de la montagne au sein du paysage aixois, en répétant inlassablement ce motif mais en variant les points de vue. Cette vue a été prise depuis la colline des Lauves, sur les hauteurs d’Aix-en Provence. Cezanne y a fait construire son dernier atelier en 1901. Dans cette version tardive, la silhouette de la montagne se profile nettement sur le ciel, tandis que la végétation au premier plan et la plaine ensoleillée au second plan, formées de multiples touches de couloir juxtaposées, semblent vibrer. Le tableau devient une composition autonome, construite par un agencement longuement réfléchi de formes et de couleurs qui créent une « harmonie parallèle à la nature ». Par sa démarche artistique totalement novatrice pour son époque, Cezanne a ouvert la voie à de nombreux artistes après lui.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
Cezanne
Cette exposition est organisée par la Fondation Beyeler.
Commissaire : Ulf Küster, Senior Curator de la Fondation Beyeler.
Où ?
Fondation Beyeler
Baselstrasse 77
CH-4125 Riehen/Basel
www.fondationbeyeler.ch
Quand ?
Du 25 janvier au 25 mai 2026
Tous les jours, de 10h00 à 18h00 (fermeture à 20h00 le mercredi).
L’ensemble des informations concernant l’ouverture de la Fondation Beyeler est disponible sur son site internet.
Combien ?
Tarif normal : 25 francs suisses.
Informations sur les tarifs et les conditions de gratuité sur le site internet du musée.
Comment ?
Dans le cadre de l’exposition, l’équipe de la Fondation Beyeler propose un très riche programme d’activités : des visites guidées (en allemand), des ateliers et de nombreux événements réunissant histoire de l’art, musique, cinéma, etc.. Le détail de la programmation culturelle est consultable dans le calendrier du musée.
Le catalogue de l’exposition, disponible en anglais et en allemand, est publié par la Fondation Beyeler (200 pages, 107 illustrations, 62,50 francs suisses).
