Sèvres, une passion Rothschild
Mobilier national, Paris
17 avril – 26 juillet 2026
www.mobiliernational.culture.gouv.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
Sèvres, une passion Rothschild
De la Villa Ephrussi à Paris
[Extrait du dossier de presse]
Plongez au cœur d’une saga familiale unique, où la passion pour la porcelaine de Sèvres du XVIIIe siècle transcende les siècles. Entre amour du Beau, maîtrise d’un savoir-faire d’exception et attachement au patrimoine, la famille Rothschild tisse un lien précieux avec Sèvres, berceau d’une manufacture emblématique, vivante depuis 1740.
Au sein de cette famille de philanthropes d’exception, les collections naissent et se transmettent de génération en génération. Ainsi préservés, ces trésors ont parfois rejoint les collections publiques françaises ou de grands musées dans le monde, grâce à la générosité de la famille. Depuis Francfort, Vienne, Naples, Londres ou Paris, les membres de la famille Rothschild entrèrent en possession des plus beaux objets conçus au XVIIIe siècle. Vases en forme de vaisseaux, d’éléphants, d’ananas, de tours, ornés de têtes de boucs, de lions, de nymphes ou d’enfants… L’exposition met à l’honneur ces porcelaines de Sèvres aux couleurs chatoyantes et aux formes virtuoses. Dans une présentation immersive, elles illumineront des intérieurs reconstitués où elle dialogueront avec des documents d’archives inédits.
Ce projet réunit pour la première fois l’établissement des Manufactures nationales – Sèvres & Mobilier national avec l’Académie des beaux-arts, dont la Villa Ephrussi de Rothschild est un fleuron de la Côte d’Azur. Béatrice Ephrussi de Rothschild, l’une des plus grandes « Sèvres-maniaques » de la famille, légua en 1934 sa villa des bords de Méditerranée, écrin d’une fabuleuse collection de porcelaines de Sèvres, à l’Académie des beaux-arts. Épicentre de la famille, Béatrice Ephrussi de Rothschild, omniprésente dans l’exposition, en introduit le parcours divisé en neuf sections. Il dévoilera ces précieux témoins de l’Histoire, passés entre les mains des souverains, des favorites puis des Rothschild. Ce panorama européen dévoilera également l’ampleur de la tragédie des spoliations dont la famille fut victime. L’exposition bénéficie de prêts exceptionnels de prestigieux établissements, parmi lesquels le musée du Louvre et le château de Versailles, mais également d’institutions internationales comme le Metropolitan Museum, Waddesdon Manor, ainsi que de prêts de collectionneurs privés.

L’exposition « Sèvres, une passion Rothschild » au Mobilier national
Vue de la section « Goût Rothschild » © Pauline Assathiany.

Reconstitution de l’hôtel particulier de l’avenue Foch,
ayant appartenu à Maurice Ephrussi et Béatrice de Rothschild © Pauline Assathiany.

Table dressée au cœur de l’exposition,
présentant le service « bleu céleste » de Louis XV © Pauline Assathiany.
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
présentées par les commissaires de l’exposition
Oriane Beaufils, directrice des collections de la Villa Ephrussi de Rothschild,
Saint-Jean-Cap-Ferrat,
et Viviane Mesqui, conservatrice au musée national de Céramique, Sèvres.
Terrine bleu céleste

Terrine « forme nouvelle » en première grandeur, service « bleu céleste » de Louis XV
Jean-Claude Duplessis (vers 1695 – 1774), Manufacture de Vincennes, 1754
Porcelaine tendre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. V 6061
© GrandPalaisRmn (Château de Versailles) / Gérard Blot
Célèbres pour leurs collections d’art, les Rothschild le sont également pour le faste de leurs tables. James de Rothschild engagea en 1826 le célèbre Antonin Carême qui laissa son nom à plusieurs recettes familiales, parmi lesquelles le célèbre « soufflé Rothschild ». Le décor des salles à manger se devait d’être à la hauteur du raffinement de la cuisine : les tables étaient ornées des orchidées les plus rares et de pièces de forme, d’orfèvrerie ou de porcelaine souvent garnies de fleurs. Les Rothschild ont par ailleurs collectionné les services de table avec avidité. Ils détiennent parfois des services entiers comme le service Razoumovski, acquis par Ferdinand de Rothschild pour Waddesdon Manor. Parfois ce sont des ensembles composites comme le « service à fond vert » d’Alphonse de Rothschild composé d’au moins cinq services différents. Ce dernier fit l’objet d’une inoubliable mise en scène par Renzo Mongiardino qui conçut une véritable « chapelle de Sèvres » dans l’un des petits cabinets de la galerie d’Hercule de l’hôtel Lambert. Ils furent aussi nombreux à rechercher le plus emblématique de tous les services de la manufacture, le service « bleu céleste » de Louis XV.
Fortement inspiré des modèles d’orfèvrerie alors en vogue, le dessin de cette terrine revient, comme pour les autres pièces de cet ensemble, à Jean-Claude Duplessis (1699-1774). Il s’agit de l’une des deux « Terrines forme nouvelle 1e gr Bleu Céleste fleurs » avec leurs plateaux, vendues en 1754 au prix de 2 400 livres chacune. Reposant sur quatre pieds en console avec des branches de chêne et des palmes pour anses, la prise du couvercle montre un citron peint au naturel. Sur chacune des faces, deux larges réserves de fleurs, parfois associées à des fruits, sont bordées d’une riche dorure à guirlandes de fleurs, épines de roses et piastres, éléments décoratifs qui caractérisent ce service. Cette pièce fut exclue de la partie du service cédée par le roi en mai 1757, et elle fut employée par Marie-Antoinette (1754-1793) à Trianon jusqu’à la Révolution. Déjà chez le baron Robert de Rothschild (1880-1946), cette terrine était dissociée de son grand plateau oblong, dont on connaît un exemplaire livré au roi aujourd’hui conservé à Gisselfeld Kloster au Danemark.
Garniture « des âges »

Garniture de trois vases « des âges », première et deuxième grandeurs
Manufacture de Sèvres, 1779
Attribué à Pierre-André Le Guay (peintre, actif de 1772 à 1817)
et Charles Buteux (peintre, actif de 1756 à 1782)
Porcelaine tendre
Saint-Jean-Cap-Ferrat, Villa et jardins Ephrussi de Rothschild © DR
La manufacture de Sèvres s’est distinguée au XVIIIe siècle par la richesse et la variété de ses fonds de couleur. La pâte tendre était en effet la seule à même de recevoir les couleurs alcalines développées par les chimistes de Sèvres. Parmi ces couleurs, le vert et le rose constituent la signature du « goût Rothschild ». Le fond vert est commercialisé dès 1756. Il est produit à base de cuivre et la couleur évolue constamment offrant une gamme riche de nuances, qui va du vert très bleu au « verd gay », du vert « olive » jusqu’au fameux « vert de pomme », d’un ton émeraude profond. Tous les membres de la famille de Paris à Francfort, de Vienne à Londres ont collectionné les Sèvres vert.
Cette garniture constitue à bien des égards un emblème du « goût Rothschild » en porcelaine de Sèvres. La forme, d’une grande monumentalité, riche en dorure, à fond vert, passion Rothschild par excellence, est ornée de savoureuses scènes de genre, qui rappellent le goût pour la peinture hollandaise du baron Alphonse, qui légua aussi à sa fille quelques tableaux nordiques. En léguant à l’Académie des beaux-arts en 1934 sa collection, elle fit du « Musée Île-de-France » devenu Villa Ephrussi de Rothschild, la seule collection publique européenne détentrice d’une garniture « des âges ».
Vases hollandais

Paire de vases « hollandois », deuxième grandeur
Manufacture de Vincennes, Charles Nicolas Dodin (peintre, actif de 1754 à 1803), 1756
Porcelaine tendre
Saint-Jean-Cap-Ferrat, Villa et jardins Ephrussi de Rothschild © DR
Béatrice Ephrussi a réuni un ensemble exceptionnel de porcelaines peintes en camaïeu carmin. Ce décor, élaboré à partir d’or, pouvait présenter des nuances subtiles allant du rose pâle au rouge violacé. Appliqué sur les pièces destinées à la toilette ou à la table, il est emblématique des débuts de la manufacture, alors située à Vincennes, avant d’être déplacée à Sèvres en 1756. L’engouement pour ce décor dans les années 1750 a été favorisé par les achats de clients importants tels que le roi Louis XV et la marquise de Pompadour. Le peintre François Boucher fut le principal fournisseur des modèles de ces décors, composés de paysages, de jeux d’enfants ou de fleurs. Les collections de la baronne Ephrussi témoignent de son goût encyclopédique jusque dans ce domaine, aussi bien par la variété des teintes, des services et des sources d’inspiration
Cette forme de vase fut créée en 1754 par Jean-Claude Duplessis (1699-1774) en première et deuxième grandeurs. Un dessin du modèle est conservé aux archives de la manufacture de Sèvres. La troisième grandeur ne fut créée qu’en 1758. Le vase « hollandois », en forme d’éventail, était destiné à faire pousser des bulbes de fleurs. Il est composé de deux parties. La partie supérieure, qui contient les bulbes, s’emboîte dans la partie inférieure en forme de socle ajouré qui contient l’eau. Les deux vases ont été ornés sur la face antérieure d’une scène peinte en camaïeu carmin d’après des gravures de François Boucher (1703-1770). Sur le premier, on distingue un amour timbalier, inspiré par la gravure de Louis Félix de La Rue (1731-1765), La Terre. Sur le deuxième, on observe un amour qui joue de la flûte. Plusieurs membres de la famille Rothschild prisaient ces décors d’amours d’après Boucher, notamment Alphonse de Rothschild (1827-1905) qui a légué ces deux vases à sa fille, Béatrice Ephrussi (1864-1934).
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
Sèvres, une passion Rothschild. De la Villa Ephrussi à Paris.
Exposition organisée par les Manufactures nationales – Sèvres & Mobilier national et la Villa Ephrussi de Rothschild (Académie des Beaux-Arts).
Commissariat : Oriane Beaufils, directrice des collections de la Villa Ephrussi de Rothschild, Saint-Jean-Cap-Ferrat, et Viviane Mesqui, conservatrice au musée national de Céramique, Sèvres.
Où ?
Mobilier national
42, avenue des Gobelins
75013 Paris
www.mobiliernational.culture.gouv.fr
Quand ?
Du 17 avril au 26 juillet 2026
Du mardi au dimanche de 11h00 à 18h00. Dernière entrée à 17h30.
Combien ?
Tarif normal : 8 euros.
Tarif réduit : 7 euros.
Les informations sur le tarif réduit et les conditions de gratuité, ainsi que la billetterie en ligne, sont accessibles sur le site cultival.fr.
Comment ?
Différentes activités sont proposées dans le cadre de l’exposition : visites guidées, programmation spéciale pour la Nuit des Musées (23 mai), journée d’études aux Gobelins (9 juin / « L’art sous séquestre, 1940-1944 »), cours d’été à l’École du Louvre (« Les Rothschild collectionneurs »).
Un catalogue, sous la direction d’Oriane Beaufils et Viviane Mesqui, est édité par les éditions Monelle Hayot (528 pages, 65 euros).
