La Marine & les peintres
Musée national de la Marine, Paris
13 mai – 2 août 2026
www.musee-marine.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
La Marine & les peintres.
Quatre siècles d’art et de pouvoir.
[Extrait du dossier de presse]
Dans le cadre de l’anniversaire des 400 ans de la Marine en 2026, le musée national de la Marine invite à poser un nouveau regard sur les peintres du XVIIe au XXe siècle qui ont été les témoins de l’évolution du monde maritime et de la conquête des mers. Ce sujet méconnu du grand public, encore peu voire jamais abordé, est traité de manière chronologique à travers près de 150 peintures et plus de 90 artistes. La scénographie se déploie depuis l’essor de la Marine sous Louis XIII jusqu’aux visions modernes du siècle dernier, en assumant des accrochages denses et de grands formats immersifs.
À partir du XVIIe siècle, l’affirmation du pouvoir souverain se manifeste aussi à travers les arts. Alors que la spécificité du genre de la peinture de marine, rattaché au paysage, insuffle une nouvelle perception de la mer, des navires et des milieux maritimes, des peintres sont mobilisés à travers les époques pour magnifier les images de la Marine et de l’univers marin : Claude Gellée dit Le Lorrain, Joseph Vernet, Théodore Gudin, Antoine-Léon de Morel‑Fatio, Édouard Manet, Félix Ziem, Paul Signac, Albert Marquet, Mathurin Méheut ou encore Marin‑Marie.
Outre la diversité des genres, du pittoresque au drame historique, le parcours s’intéresse aux relations entre art et pouvoir, à travers la façon dont le monde militaire marin et l’Histoire navale ont été représentés. Le public est invité à comprendre les liens, parfois complexes, entre la Marine et les artistes, l’évolution de leurs rôles, la singularité de leurs parcours et la variété de leurs statuts : peintres pour les mers du roi, peintres de la Marine du roi, puis peintres inscrits en 1830 sur la liste des officiers de la Marine (on dit aussi « sur l’Annuaire de la Marine »), avant la création d’un statut de peintres du département de la Marine en 1920, préfiguration du corps des Peintres communément appelés désormais Peintres officiels de la Marine (POM), sans oublier ceux qui ont travaillé autour des institutions militaires et artistiques.

Vue de l’exposition « La Marine & les peintres » © Thierry Stefanopoulos

Vue de l’exposition « La Marine & les peintres »
© Musée national de la Marine – C. Rabourdin

Vue de l’exposition « La Marine & les peintres » © Thierry Stefanopoulos
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
N.B. : les notices suivantes sont des extraits du catalogue.
Le comte de Tourville

Eugène Delacroix, Anne-Hilarion de Costentin, comte de Tourville, 1834-1835
Huile sur toile, H. 219 cm, l. 143 cm
© GrandPalaisRmn (Château de Versailles) / Gérard Blot
Texte : Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine, commissaire de l’exposition.
En 1834, Louis-Philippe commande à Eugène Delacroix, pour la Galerie militaire du Musée historique du château de Versailles, ce portrait rétrospectif et historiciste du comte de Tourville, vice-amiral et maréchal de France et célèbre héros de la Marine royale de Louis XIV. Ce portrait reprend la sculpture représentant le vice-amiral et commandée par le comte d’Angiviller en 1779 qu’il ordonna à Houdon. La pose de Tourville que lui réserve Delacroix est élégante et empreinte des manières de la Cour, malgré son armure, quand la sculpture de Houdon transcrit un Tourville fougueux et batailleur. Ouvrant l’arrière-plan vers un paysage de marine au ciel nuageux aux accents romantiques, Delacroix aborde ici l’Histoire nationale à travers ce grand marin victorieux à Béveziers en 1690.
Le port de Boulogne

Édouard Manet, Clair de lune sur le port de Boulogne, 1869
Huile sur toile, H. 82 cm, l. 101 cm
© GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Texte : Stéphane Guégan, Conseiller scientifique auprès de la Présidence du musée d’Orsay
Pendant possible d’une Vue de Calais contemporaine, et preuve que le peintre se montre sensible à la politique portuaire du Second Empire, l’œuvre du musée d’Orsay se distingue des autres marines réalisées au cours de ses nombreux séjours balnéaires. Sous un titre apocryphe qui convient mal à sa note presque endeuillée, elle confirme l’ouverture de la peinture de Manet à une véritable dimension sociale, moins caractérisée chez lui le plus souvent. En attente de leurs maris ou de leurs parents partis en mer, un groupe de femmes à coiffes traditionnelles, serrées les unes contre les autres, mobilisent potentiellement la compassion du spectateur. Inspirée par les nocturnes du XVIIe siècle flamand et hollandais, l’œuvre, de facture souple et douce, associe amèrement l’angoisse des femmes et la nuit magnétique.
Le sergent de la Coloniale

Albert Marquet, Le sergent de la coloniale, vers 1906
Huile sur toile, H. 81 cm, l. 65 cm
© Mairie de Bordeaux – Musée des Beaux-Arts – Photo F. Deval
Texte : Benjamin Couilleaux, Conservateur en chef du patrimoine, responsable du département décors, mobilier et arts décoratifs au musée Carnavalet – Histoire de Paris
Les jeunes années d’Albert Marquet entre Bordeaux et le bassin d’Arcachon influencent sa carrière de peintre des quais et du littoral. Grand voyageur, des rivages français aux pourtours du Proche‑Orient, Marquet célèbre les bords de Seine, les ports d’Europe et les littoraux du Maghreb. Le Sergent de la coloniale représente, comme le trahit son uniforme à large galon d’or hérité de la Grande Armée, un plus modeste caporal-fourrier. Le modèle, à ce jour anonyme, pose avec autant de nonchalance que de distinction, assis sur un simple tabouret dans une pièce pour le moins dépouillée. La touche large, le coloris sombre et la silhouette cernée se découpant sur un fond neutre témoignent de la dette évidente de Marquet à l’égard de l’œuvre de portraitiste d’Édouard Manet.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
La Marine & les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir.
Exposition organisée par le musée national de la Marine, labellisée « 400 ans de la Marine ».
Commissaires : Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine, et Inès d’Arche de Pessan, assistante de conservation, chargée de recherche et d’étude d’exposition au musée national de la Marine.
Où ?
Musée national de la Marine
Palais de Chaillot
37, place du Trocadéro et du 11 novembre
75016 Paris
www.musee-marine.fr
Quand ?
Du 13 mai au 2 août 2026
Tous les jours, sauf le mardi, de 11h00 à 19h00.
Nocturne jusqu’à 22h00 le premier jeudi du mois.
Retrouvez ici tous les détails concernant les jours de fermeture et les horaires.
Combien ?
Tarif normal : 15 euros.
Tarif réduit : 12 euros.
Ce tarif donne accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires.
Retrouvez ici le détail concernant le tarif réduit et les conditions de gratuité, ainsi que la billetterie en ligne.
Comment ?
Le musée national de la Marine propose une très riche programmation culturelle en marge de l’exposition : visites guidées, ateliers peinture, salon littéraire en musique, séance d’intronisation des nouveaux Peintres Officiels de la Marine, ainsi que conférences, journée d’études et colloque. Le détail de la programmation est consultable ici.
Le catalogue de l’exposition, dirigé par Bertrand de Sainte-Marie, est co-édité par le musée national de la Marine et les Éditions Sans égal (216 pages, 140 illustrations, 36 euros).
