Trésor monétaire
Musée de Bastia
Bastia, France
musee.bastia.corsica
🇫🇷

Trésor monétaire, IVe siècle ap. J.C.
Alliage cuivreux
Musée de Bastia, MECD.2008.2.1
© Cliché Musée de Bastia
Texte : Ariane Jurquet, responsable de la conservation et de la documentation du Musée de Bastia.
Découverte, en dehors de tout contexte d’épave, au début des années 1990 au large d’Erbalonga, à quelques kilomètres au Nord de Bastia, cette amphore cylindrique du Bas Empire, fabriquée dans un atelier d’Afrique du Nord (Byzacène de type Keay XXV – sous type 2) contenait 21 160 pièces romaines en étain, cuivre et plomb pour un poids de 32 kg. Ce type d’amphores africaines alimentaires était omniprésent dans les provinces de Méditerranée occidentales entre les IIIe et VIe siècles. L’usage premier de ces amphores, à corps cylindrique et au col haut, les destinait au transport et au stockage de l’huile ou de la saumure, comme l’attestent les marques peintes que l’on retrouve sur nombre d’entre-elles.
Les monnaies ont été frappées au IVe siècle après J.C., entre la fin du règne de Constantin 1er (272-337) et la fin du IVe siècle. Elles proviennent principalement des ateliers de Rome et d’Aquilée et des ateliers orientaux de l’Empire romain : Constantinople, Cyzique et Antioche. Cette répartition signe une thésaurisation effectuée dans la circulation insulaire ou continentale de Méditerranée, mais en excluant la Gaule du Sud. La similitude est forte avec les données numismatiques des fouilles de Mariana et d’Aléria.
On distingue essentiellement deux types de pièces dans ce trésor : les monnaies de la série FEL(IX) TEMP(ORUM) REPARATIO (Le retour des temps heureux) sur lesquelles les empereurs Constant (320-350) et son frère Constance II (317-361) désarçonnent un ennemi de l’Empire ; les frappes à l’effigie des empereurs Valentinien Ier (321-375), Gratien (359-383), Valens (328-378), Valentinien II (371-392), Théodose (347-395) ou Arcadius (377-408) qui présentent au revers deux Victoires. Un bon nombre de ces pièces sont l’œuvre d’habiles faux-monnayeurs qui farcissaient d’un plomb vil de très minces feuilles de bronze.
