Œnochoé
Musée de Bastia
Bastia, France
musee.bastia.corsica
🇫🇷

Groupe de Torcop (Caere, Étrurie), Œnochoé, IVe siècle avant J.-C.
Céramique
Musée de Bastia, MEC.78.1.12
© Cliché Musée de Bastia
Texte : Sylvain Gregori, conservateur du Musée de Bastia.
Les Étrusques adoptent le banquet à partir du VIIIe siècle avant J.C. au contact des Grecs Eubéens. Cette pratique est l’une des principales formes d’expression des cours aristocratiques, chargée de valeurs symboliques et sacrées. Dans la convivialité s’expriment l’unité de la maison du maître et la cohésion de la société aristocratique qui y reconnaît des éléments de prestige et de distinction sociale.
Tout commence par des nourritures solides, céréales, viandes, lors du repas, le deipnon. Après s’être lavé les mains et s’être parfumés, les convives entament la seconde partie du repas, celle consacrée au vin, le symposion qui signifie « boire ensemble » et répond à des règles strictes. On pratique des libations pour abreuver les dieux, le plus souvent à l’aide d’une coupe hémisphérique sans pied ni anse, une phiale (ou patère), pourvue en son centre d’un bossage, l’omphalos (signifiant nombril). On se met d’accord sur les proportions du mélange entre le vin et l’eau dans des cratères de grande contenance placés au centre de la pièce, ou des sceaux en bronze, les situles. En général la mesure est un tiers d’eau pour deux de vin. L’eau est versée dans une hydrie. Le breuvage est puisé par des domestiques grâce à des louches (simpulon), puis filtré avec des passoires (infundibulum) et versé dans les cruches destinées au vin, les œnochoés (oinos signifiant le vin et choein verser). Il est ensuite consommé dans des coupes (kylix), des cornes à boire (rhyton), des vases à grandes anses appelés canthares, des gobelets (skyphos), des patères.
Le maître du symposion, le symposiarque, veille à l’harmonie entre les convives à demi-allongés sur des banquettes (kliné) agrémentées de coussins. C’est le moment de la récitation de poèmes, de la musique, de la danse, d’échanges philosophiques, alors que les effets du vin se manifestent progressivement pour atteindre la méthé, l’ivresse.
