RÉSIDENCE # 05/04

🇫🇷

Frédéric Bourgeois de Mercey (1803-1860), Vue du Vieux Port de Bastia, 1839
Huile sur toile
Musée de Bastia, MEC.96.7.1
© Cliché Musée de Bastia

Note : 5 sur 5.

Texte : Ariane Jurquet, responsable de la conservation et de la documentation du Musée de Bastia.

Au cours des années 1830, quelques artistes français font escale à Bastia, lors de leur voyage vers l’Italie. Frédéric Bourgeois de Mercey incarne la personnalité typique de ces peintres voyageurs, qui sillonnent les paysages européens à la recherche d’inspiration. Entre 1828 et 1837, il parcourt l’Europe. Lors de l’un de ses voyages vers l’Italie, en 1834, il fait escale à Bastia, après une difficile traversée depuis Marseille. Le bateau qui devait ensuite le conduire à Livourne, ayant subi une avarie, doit rester à quai pour être réparé et Bourgeois de Mercey en profite pour explorer Bastia et le Cap Corse. À cette occasion, il réalise dessins et esquisses qui lui serviront plus tard pour ses peintures. Le musée de Bastia a ainsi acquis en 1969 un dessin préparatoire pour la Vue du Vieux Port de Bastia. En 1853, deux de ses dessins seront gravés par Eugène Ciceri (1813-1890) pour son ouvrage Portefeuille d’Italie, vues dessinées d’après nature par divers artistes et lithographes : une vue de la citadelle depuis le sud intitulée Bastia et le couvent Saint-Joseph de Bastia dit Couvent près Bastia.
À l’issue de ses périples, il publie aussi des récits de voyage illustrés de quelques paysages : en 1833 Le Tyrol et le Nord de l’Italie, esquisses de mœurs, anecdotes, en 1834 La Toscane et le Midi de l’Italie, notes de voyage, études et récits, en 1835 Histoire et description des principales villes de l’Europe. Tyrol. Trente et, en 1857, Souvenirs et Récits de voyages. Les Alpes françaises et la Haute Italie. Entre 1831 et 1848, il expose régulièrement aux Salons des paysages des pays qu’il a visités, mais une maladie des yeux l’oblige à abandonner progressivement la peinture. Dès 1837, il collabore à la Revue des deux mondes, à la Revue de Paris et au Moniteur des Arts et publie ses œuvres gravées dans L’Artiste. En 1887, les héritiers de l’artiste font don à la bibliothèque d’Ajaccio de 1500 ouvrages de la collection de Frédéric Bourgeois de Mercey. La bibliothèque détient aussi un Buste de Frédéric de Mercey, réalisé par le sculpteur Alexandre Joseph Oliva en 1859.