RÉSIDENCE # 04/09

🇫🇷

Vue d’ensemble des intailles de Lons-le-Saunier
Coll. Musée de Lons-le-Saunier, Inv. 1991.2.
© Musée de Lons-le-Saunier, cliché P. Guenat

Note : 5 sur 5.

Texte : l’équipe du musée de Lons-le-Saunier.

En 1991, 64 intailles ont été mises au jour lors des fouilles menées sur la place de la Comédie, à Lons-le-Saunier. Issu d’un collecteur d’eau usées, cet ensemble atteste l’existence de bains publics dans la ville antique de Ledo Salinarius, jusque-là seulement identifiée par quelques découvertes isolées. D’autres lots comparables sont connus ailleurs dans l’Empire romain, notamment aux thermes de Caerleon (Grande-Bretagne), d’où proviennent 86 intailles. Durant l’Antiquité, ces petits objets figurant des images en creux servaient de sceaux, d’amulettes ou, plus couramment, d’ornements de bagues. Dans les édifices thermaux, la chaleur et l’humidité pouvaient provoquer le décollement des intailles de leur monture, entraînant leur perte fortuite par les baigneurs. La taille des pierres fines, ou glyptique, constituait un artisanat très prisé, exigeant une grande finesse d’exécution sur des surfaces de gravure particulièrement réduites. La collection de Lons-le-Saunier se compose majoritairement de gemmes auxquelles s’ajoutent quelques exemplaires en verre. Elle se distingue également par la présence de minéraux peu habituels de la glyptique romaine, tels que la prase, un quartz de couleur verte, et l’améthyste, de teinte violette, tous deux appréciés pour leur translucidité et leur dureté. Les sujets représentés relèvent de l’iconographie classique : figures héroïques, motifs véhiculés par les monnaies ou empruntés à la statuaire, animaux et divinités, témoignant de la forte imprégnation de la culture gréco‑romaine. Les intailles de petite taille suggèrent un sertissage sur des chatons étroits, renvoyant à des bagues appartenant vraisemblablement à la gente féminine. Plusieurs décors confirment cette attribution : personnages d’Éros, de Vénus, de danseuses ou encore d’Omphale (reine de Lydie, amante d’Héraclès). D’autres images — Mars, Héraklès, l’aigle, l’athlète ou encore le quadrige — se rapportent plutôt à des hommes, soulignant la mixité de l’établissement thermal. Ce lot s’inscrit dans une large fourchette chronologique. Les tendances stylistiques observées permettent de le dater entre le Ier et le IIe siècle de notre ère. L’emploi de matériaux peu communs, conjugué au petit format de certaines pièces et à la rareté des imitations en pâte de verre, témoigne du raffinement d’une élite fortunée, en mesure d’acquérir ces cabochons luxueux, marqueurs du mode de vie romain.

Omphale
Prase
Coll. Musée de Lons-le-Saunier, Inv. 1991.2.1257
La reine debout, nue, s’avance vers la gauche.
Elle tient à deux mains la massue posée sur son épaule gauche ;
les pans de la peau de lion, posée sur son épaule droite,
retombent de chaque côté de son corps.
© Musée de Lons-le-Saunier, cliché P. Guenat

Quadrige
Améthyste
Coll. Musée de Lons-le-Saunier, Inv. 1991.2.1255
Quatre chevaux en course vers la gauche, les pattes avant relevées.
Un char et un aurige, vêtu d’une tunique,
tenant les rênes d’une main et le fouet levé de l’autre.
© Musée de Lons-le-Saunier, cliché P. Guenat

Victoria
Jaspe
Coll. Musée de Lons-le-Saunier, Inv. 1991.2.1236
La personnification est debout, de profil vers la gauche,
une longue palme appuyée sur son épaule droite.
Elle tend vers l’avant une couronne. Long chiton et aile longue, assez développée.
© Musée de Lons-le-Saunier, cliché P. Guenat