Les trésors restaurés. Hommage aux mécènes bibliophiles
Château de Chantilly, Chantilly
4 février – 1er juin 2026
chateaudechantilly.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
Les trésors restaurés : hommage aux mécènes bibliophiles
[Extrait du dossier de presse]
Le cabinet des livres, dont l’état de conservation est inquiétant, attend sa grande restauration. Dans l’intervalle, se poursuit une importante campagne de conservation préventive et de restauration des reliures : le spectacle chatoyant des cuirs dorés constitue une part essentielle du décor de la bibliothèque. Grâce à l’implication de fondations, associations, entreprises et particuliers, 14 000 volumes ont été dépoussiérés, plus de 2 500 remis en état depuis 2020. La présentation, au sein du musée Condé, d’une vingtaine de projets emblématiques est l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui se sont mobilisés en espérant susciter de nouvelles vocations de mécènes bibliophiles pour le cabinet des livres lui-même. Le parcours proposé permet de voyager à travers l’histoire du livre et de la reliure. Au-delà de la fragilité des volumes, il permet aussi de mesurer la qualité de la collection du duc d’Aumale, certaines restaurations ayant été l’occasion de belles découvertes.
Comme l’a souligné récemment l’exposition du manuscrit restauré des Très Riches Heures du duc de Berry, les livres ne sont pas à l’abri du temps. Les volumes ont été endommagés par les manipulations répétées, l’excès de luminosité, la sécheresse et la poussière. Les mesures de préservation prises au sein du Château de Chantilly n’ont pu empêcher certains ouvrages de se dégrader au fil des années. Une jauge d’accès doit bientôt limiter le nombre d’entrées au sein du cabinet des livres. L’histoire mouvementée des livres, comme celle des manuscrits des princes de Bourbon-Condé, explique leur fragilisation. Les lourds manuscrits médiévaux ont été dotés d’élégantes reliures de maroquin à la fin du XVIIIe siècle. Ces reliures n’ont pas toutes résisté aux multiples déménagements, puis aux consultations et campagnes photographiques répétées. Ces vingt dernières années, des variations importantes de température et d’hygrométrie ont éprouvé les cuirs insuffisamment entretenus. Le dessèchement a favorisé les cassures des mors ou le détachement de feuillets lors des manipulations. Les décors des reliures se sont encrassés. Des repousses blanchâtres de cire sont apparues sur les plats. Il est apparu indispensable qu’un chantier consacré aux collections précède celui des espaces, les ouvrages devant être déplacés. Ne pas restaurer et nettoyer préalablement les volumes risquait d’aggraver l’état de certaines pièces et multipliait les risques lors du déménagement à venir.
Le goût du duc d’Aumale pour le spectacle des belles reliures est connu. Leur restauration est cependant autant un impératif de conservation que d’esthétique. Une reliure en mauvais état ne protège pas bien l’œuvre qu’elle abrite, complique ou interdit la consultation, les expositions ou les travaux de numérisation. Le chantier des collections de Chantilly ne vise pas à remettre les volumes à neuf mais à stopper les dégradations susceptibles de s’aggraver et à protéger les livres fragilisés. Les traces d’usage font partie de l’histoire des volumes et sont conservées. Les restaurateurs réparent les feuillets déchirés et les coutures défaites pour restructurer les livres. Ils optimisent la conservation des cuirs anciens en les réhydratant et lubrifiant pour maintenir leurs propriétés mécaniques. Ils rétablissent un équilibre esthétique entre parties intactes et restaurées. Pour la plupart des livres encore en bon état, l’amélioration à venir des conditions de conservation est essentielle pour assurer leur pérennité. L’objectif est de créer un environnement stable (50% d’humidité relative et 20°C) et à l’abri de la lumière pour qu’ils continuent à traverser les siècles.
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
présentées par Marie-Pierre Dion,
conservateur général des bibliothèques, musée Condé du Château de Chantilly,
commissaire de l’exposition.
Le Codex Chantilly

Chansons de Baude Cordier, Codex Chantilly, Italie, XVe siècle (ms 564)
© IRHT-CNRS Domaine de Chantilly
Le Codex Chantilly, copié en Italie au XVe siècle sur un original français perdu, est l’une des plus importantes sources pour la musique française de l’extrême fin du XIVe siècle. Parmi les 99 chansons et 13 motets qui le constituent, 2 célèbres partitions de Baude Cordier sont disposées en cœur ou en cercle. Le velours fragilisé de la couvrure (1880) a été consolidé pour permettre la consultation sans dommage. Le corps d’ouvrage a été dépoussiéré. La restauration qui a duré 31 heures (Atelier Émilie Diné) a été financée par les Friends of the Domaine de Chantilly.
Le Miroir historial

Vincent de Beauvais, Miroir historial
Librairie de Jacques d’Armagnac (Paris, 1459-1463), reliure du XVe siècle (ms 722).
Après restauration
© RMN-Grand Palais Domaine de Chantilly – Adrien Didierjean
Un somptueux manuscrit du XVe siècle réalisé pour Jacques d’Armagnac, petit-fils du duc de Berry, a gardé sa reliure d’origine. Il abrite la troisième partie du Miroir historial de Vincent de Beauvais. Le dos, les coupes et les coins du volume – qui pèse près de 25 kg – présentaient des altérations importantes. La dépose aux ultrasons des tissus subsistant au dos a permis la consolidation ou le comblement des lacunes à l’aide d’une soie de la couleur de la trame du velours originel, doublée de papier japonais. Tous les fragments de velours ont ensuite été refixés à la colle cellulosique neutre et réversible. Le nettoyage à sec des 484 feuillets de parchemin au pinceau, à l’aspirateur et à la gomme a été un aussi long travail au terme duquel les 101 miniatures de l’enlumineur parisien François Le Barbier ont été protégées par de fines serpentes. La restauration a été réalisée par l’Atelier Émilie Diné (60 heures).
Le Psautier d’Ingeburge

Psautier d’Ingeburge.
La couvrure de velours et la reliure de maroquin restaurées © Musée Condé
Le Psautier d’Ingeburge est, avec les Très Riches Heures du duc de Berry, l’un des manuscrits emblématiques de Chantilly. Il a été acquis par le duc d’Aumale en 1892, tant en raison de son immense qualité artistique que de son intérêt historique majeur, en lien avec la couronne de France. Il a été réalisé vers 1215 pour Ingeburge de Danemark (1175-1236), reine de France, seconde épouse de Philippe Auguste (1165-1223). Il y est fait mention de la victoire du roi le 27 juillet 1214 à la bataille de Bouvines. Le manuscrit appartint ensuite à saint Louis et est signalé parmi les livres de Charles V. Recouverte d’une couvrure moderne de velours de soie violette, brodée d’or, usée par la lumière et les manipulations, la reliure nécessitait une grande attention. Un pan oublié de l’histoire du manuscrit a alors fait surface : sous la couvrure textile, une reliure de maroquin avec un décor doré du début du XVIIIe siècle est apparue. Il a été possible de fixer la couvrure de tissu sur un support cartonné amovible.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
Les trésors restaurés : hommage aux mécènes bibliophiles
Exposition organisée par le musée Condé du Château de Chantilly.
Commissariat : Marie-Pierre Dion, Conservateur général des bibliothèques, musée Condé du Château de Chantilly.
Où ?
Château de Chantilly
Cabinet des livres
60500 Chantilly
chateaudechantilly.fr
Quand ?
Du 4 février au 1er juin
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h00 à 17h00 (18h00 à partir du 1er avril).
Dernier accès une heure avant la fermeture de la billetterie.
Combien ?
Tarif plein : 18 euros.
Tarif réduit : 14,50 euros.
Ce tarif donne accès au château, au parc, aux Grandes Écuries, aux expositions temporaires et aux animations équestres.
Les informations concernant les tarifs, les réductions et les gratuités sont disponibles sur le site internet du château de Chantilly.
