Les roches rouges
Musée des Beaux-Arts, Draguignan
22 mai – 31 octobre 2026
Prolongation jusqu’au 29 novembre 2026
mba-draguignan.fr
🇫🇷

PRÉSENTATION
Les roches rouges
Explosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle
[Extraits du dossier de presse]
L’exposition Les roches rouges. Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle, présentée au musée des Beaux-Arts de Draguignan du 22 mai au 31 octobre 2026 [prolongation jusqu’au 29 novembre 2026], constitue l’aboutissement d’une recherche scientifique consacrée à un lieu demeuré jusqu’ici marginal dans l’historiographie de la modernité picturale. Elle propose une relecture du massif de l’Estérel comme territoire d’expérimentation artistique de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale, en croisant l’analyse des œuvres avec l’évolution des connaissances géologiques, les transformations géographiques et l’essor touristique qui accompagnent son accessibilité progressive, d’abord par les scientifiques et les écrivains, puis par les peintres.
Situé à moins de 50 km du musée, l’Estérel constitue un sujet majeur à l’échelle de la région et dans l’histoire artistique nationale. L’exposition invite les visiteurs à se plonger dans le contexte touristique et artistique de l’époque, à travers une déambulation sensible restituant la sensation de promenade dans le massif. L’accrochage met en résonance les œuvres dans leur diversité esthétique, technique et leurs intentions entre lumière, matière et couleur. Plus d’une cinquantaine d’œuvres picturales et graphiques, accompagnées de nombreux documents d’archives, sont présentées, dont certaines œuvres inédites provenant de collections privées. L’exposition bénéficie de prêts de nombreuses institutions, telles que le Centre Pompidou, le Centre national des arts plastiques et plusieurs musées des Beaux-Arts en France, notamment en région PACA.
Bien que fréquemment mentionné dans la littérature artistique et les ouvrages de référence consacrés à la peinture dans le Midi de la France, l’Estérel n’a jamais fait jusqu’ici l’objet d’une exposition dédiée, le valorisant comme lieu d’intérêt et d’inspiration pour les avant-gardes. L’ambition de l’exposition Les roches rouges est ainsi de constituer un premier jalon afin de mieux apprivoiser le site, en mettant en lumière les différents regards portés sur le massif : un regard craintif face à son hostilité et à sa majesté, un regard curieux et attentif à ses caractéristiques géologiques et à son esthétique, un regard séduit par son attrait touristique et enfin, un regard inédit sur sa résonance dans les arts.
Les œuvres exposées témoignent de cet entre-deux, de l’effervescence collective et du sentiment de retrait du monde contemporain qu’ont simultanément éprouvé les peintres. Bien que les points de vue et les sites choisis s’inscrivent souvent dans le sillage des lieux recommandés par le tourisme – et se révèlent parfois identiques d’un artiste à l’autre – le traitement du minéral est pluriel. L’insertion de la figure humaine, rare dans les paysages de l’Estérel, répond quant à elle à des intentions multiples : tantôt ancrée dans la réalité du site et dans l’expérience de la villégiature, tantôt transposée dans une dimension mythique, elle contribue chaque fois à construire l’image d’une Méditerranée idéale où il fait bon vivre.



Exposition « Les roches rouges »
© Musée des Beaux-Arts de Draguignan (visuel 2) / Léo Fourdrinier (visuel 1 et 3)
UNE SÉLECTION D’ŒUVRES
Présentées par la commissaire de l’exposition
Marine Roux, adjointe au conservateur et chargée des collections,
musée des Beaux-Arts de Draguignan
Albert Marquet

Albert Marquet (1875, Bordeaux – 1947, Paris), Baie d’Agay, 1905
Huile sur toile, 65,4 x 81,5 cm
Collection particulière © Sotheby’s / Art Digital Studio
À partir de la fin du XIXe siècle, l’amélioration des voies de communication favorise la connaissance et la fréquentation du massif. La construction d’une ligne de chemin de fer, puis de la route de la Corniche d’Or qui longe le massif, ainsi que le développement des établissements hôteliers, contribuent à faire de certains sites des étapes privilégiées. Parmi eux, la rade d’Agay occupe une place particulière, notamment grâce au Grand Hôtel, construit vers 1881 à proximité immédiate de la gare. Qualifié d’« excellent hôtel-pension très confortable » par les guides touristiques qui le recommandent, il constitue un point de départ idéal pour les excursions. C’est dans cet établissement que les artistes Albert Marquet et Charles Camoin séjournent en juillet 1905. Ils y peignent simultanément la baie d’Agay, adoptant des points de vue très proches. La rencontre avec l’Estérel intervient à un moment déterminant de leurs carrières et participe au renouvellement de la peinture moderne. Au Salon d’Automne de 1905, marqué par le scandale de la « cage aux fauves », pas moins de sept œuvres réalisées dans l’Estérel par Marquet, Camoin et Louis Valtat sont présentées. Elles témoignent de l’intérêt porté par ces peintres à un territoire particulièrement propice aux recherches sur la lumière, la couleur et la matière.
Louis Valtat

Louis Valtat (1869, Dieppe – 1952, Paris), Les rochers rouges, vers 1904
Huile sur toile, 81 x 100 cm
Draguignan, musée des Beaux-Arts
Acquis avec le soutien du FRAM, inv. 2025.2.1
© Claude Almodovar
Dans Les rochers rouges, Louis Valtat choisit de représenter l’Estérel pour lui-même, en faisant abstraction du littoral. Le point de vue en forte contre-plongée confère aux sommets une présence monumentale et les érige en sujets à part entière. Cette composition témoigne pleinement de la verve décorative qui traverse l’œuvre de Valtat au tournant du siècle. La luxuriance de la végétation, la rugosité des roches et la densité des nuages sont traitées selon un langage pictural commun, fait de touches vigoureuses, rotatives et multidirectionnelles. Ces dernières participent à l’aspect fourmillant, vibrant et unitaire de l’ensemble, évoquant la tapisserie ou un parterre de fleurs. Fasciné par ces paysages encore sauvages, Valtat fait construire sa maison, le Roucas Rou, à Anthéor en 1899, où il réside régulièrement jusqu’en 1914. Cette installation favorise une production abondante consacrée aux paysages de l’Estérel, qu’il expose notamment à la galerie parisienne d’Ambroise Vollard. La proximité du massif lui offre la possibilité d’en explorer progressivement les différents aspects, d’arpenter ses chemins et de s’aventurer au cœur de son relief rocheux. L’Estérel devient ainsi pour l’artiste un territoire familier, dont il peut multiplier les interprétations. Par la constance de sa recherche et par la place qu’il accorde au massif dans son œuvre, Valtat contribue ainsi à inscrire durablement l’Estérel dans la géographie artistique de la peinture moderne, au point d’en apparaître comme l’une des figures tutélaires.
Clémentine Ballot

Clémentine Ballot (1879, Paris – 1964, Paris), Les rochers rouges, 1913-1914
Huile sur toile, 60 x 73 cm
Collection particulière © Jean-Louis Losi
Lorsque Clémentine Ballot découvre Agay en 1913 aux côtés du peintre Armand Guillaumin, elle possède déjà une solide expérience de la peinture de paysage, notamment développée dans la vallée de la Creuse. Rare femme identifiée parmi les artistes ayant travaillé dans le massif à cette période, elle y développe une approche particulièrement attentive à la lumière et à la richesse des harmonies colorées. Dans Les rochers rouges, Ballot restitue avec finesse la diversité chromatique des récifs déchiquetés décrite par les guides touristiques Joanne : « Dans l’Esterel, la variété de couleur de ces belles roches est infinie : violet, bleu, vert, jaune, rouge, gris, bien que le rouge domine ». Les longues pointes rocheuses du quartier de la Baumette sont aisément reconnaissables, tandis que l’île des Vieilles se détache à l’arrière-plan. Ce site, identifiable dans les œuvres de plusieurs autres artistes, constitue ainsi un motif récurrent de la peinture de l’Estérel. Le travail de Clémentine Ballot est reconnu de son temps. Récompensée dès 1913 par le deuxième prix de l’Union des femmes peintres et sculpteurs, elle obtient la première distinction de cette institution en 1922. Son parcours se poursuit au sein de la Société nationale des Beaux-Arts, dont elle devient sociétaire avant d’en être nommée vice-présidente en 1937. La même année, elle reçoit une médaille d’or à l’Exposition universelle. Plusieurs distinctions consacrent son œuvre, parmi lesquelles la Légion d’honneur en 1938 et, en 1950, le prix Puvis-de-Chavannes, décerné pour l’ensemble de sa carrière. La reconnaissance dont elle bénéficie de son vivant est également perceptible dans les écrits de la critique, à l’image de Louis Vauxcelles qui la décrit comme « l’une des femmes les plus distinguées de ce temps ».
INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS
Quoi ?
Les roches rouges. Explosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle.
Exposition organisée par le musée des Beaux-Arts de Draguignan.
Commissariat : Marine Roux, adjointe au conservateur et chargée des collections, musée des Beaux-Arts de Draguignan
Action culturelle : visites et balades, conférences et lecture performance, concerts et séance de cinéma en plein air (voir l’agenda du musée).
Catalogue : Les roches rouges. Explosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle, Éditions courtes et longues (208 pages, 29€).
Où ?
Musée des Beaux-Arts de Draguignan
9, rue de la République
83300 Draguignan
mba-draguignan.fr
Quand ?
Du 22 mai au 31 octobre 2026. Prolongation jusqu’au 29 novembre 2026.
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h00 à 18h00.
Retrouvez toutes les informations complémentaires sur le site du musée.
Combien ?
Tarif normal : 6 euros.
Tarif réduit : 4 euros.
Les informations concernant les tarifs réduits et les conditions de gratuité sont disponibles sur le site du musée.
