Nature morte d’après L’Orrizonte
Musée de Bastia
Bastia, France
musee.bastia.corsica
🇫🇷

D’après Jans Frans Van Bloemen dit L’Orizzonte (1662-1749), Nature morte, après 1692
Huile sur toile, 135,8 x 97,5 cm
Musée de Bastia, MEC.56.13.188
© Cliché Musée de Bastia
Texte : Ariane Jurquet, responsable de la conservation et de la documentation du Musée de Bastia.
Cette œuvre a été exécutée à partir d’un dessin – ou de l’une des gravures tirées du dessin – de Jans Franz Van Bloemen, artiste installé à Rome en 1692, représentant le jardin de la Villa Medicis. Toutefois, ce tableau n’est pas un paysage mais une nature morte, à laquelle le paysage de Van Bloemen sert d’arrière-plan. L’auteur de la toile est peut-être un peintre nordique ou un peintre romain de l’extrême fin du XVIIe siècle ou de la première moitié du XVIIIe siècle. À cette époque, les Flamands et les Allemands sont les maîtres incontestés de la nature morte à Rome. Plusieurs d’entre eux comme Abraham Brueghel (1631-1697), David de Coninck (1636-1701), Christian Berentz (1758-1722) ou Franz Werner Tamm (1658-1744) se sont fait une spécialité de somptueuses natures mortes de fleurs ou de fruits, auxquelles ils mêlent des animaux vivants, oiseaux ou petits rongeurs. Toutefois, dans la première moitié du XVIIIe siècle, certains peintres romains sont aussi renommés pour des natures mortes du même genre, tels Giovanni Paolo Castelli dit le Spadino (1659-vers 1730) ou Pietro Navarra (?-?). Il est possible aussi que ce soit l’œuvre de deux peintres, l’un ayant peint le paysage et l’autre la nature morte. C’était en effet, une pratique courante à cette époque : chaque artiste donnant le meilleur de lui-même dans sa spécialité. Au premier plan, les fruits éclatés et rongés par les vers soulignent leur caractère éphémère et la fuite irrévocable du temps rattachant ce tableau au genre des vanités, particulièrement répandu dans la peinture des XVIIe et XVIIIe siècles. Cette œuvre fait partie de l’ancienne collection du cardinal Joseph Fesch (1763-1839), léguée à la Ville de Bastia.
