La collection de minéralogie
Musée de Lons-le-Saunier
Lons-le-Saunier, France
lonslesaunier.fr
🇫🇷

Azurite
Carbonate de cuivre, Chessy (Rhône)
Collection Musées de Lons-le-Saunier, inv. 2017.00.777
© Cl. D. Vuillermoz, Musées de Lons-le-Saunier
Texte : l’équipe du musée de Lons-le-Saunier.
Les collections de minéralogie du musée de Lons-le-Saunier ont été constituées au XIXe siècle, principalement par dons successifs. À travers une sélection d’échantillons, découvrez ici quelques espèces minérales utilisées par les artistes au fil du temps.
L’utilisation des pigments minéraux naturels par les artistes remonte à la Préhistoire, lorsque les hommes utilisaient l’ocre, le charbon et les oxydes de manganèse pour réaliser des peintures rupestres. Dans l’Antiquité, les Égyptiens, les Grecs et les Romains ont développé l’extraction et la préparation de pigments comme l’azurite, la malachite ou le cinabre. Au Moyen Âge, ces pigments précieux, étaient souvent réservés aux œuvres religieuses. La Renaissance a vu l’essor de couleurs raffinées, notamment le bleu profond obtenu à partir du lapis-lazuli. À partir du XVIIIe siècle, les progrès de la chimie ont permis la création de pigments artificiels moins coûteux. Au XIXe siècle, les artistes ont progressivement adopté ces nouvelles couleurs synthétiques, plus stables et variées. Cependant, certains pigments naturels ont continué à être utilisés pour leurs qualités esthétiques uniques. Au XXe siècle, l’industrialisation a réduit leur emploi dans les beaux-arts. Aujourd’hui, ils connaissent toutefois un regain d’intérêt dans les pratiques artistiques écologiques et artisanales. Ils témoignent d’un lien durable entre l’art, la nature et les savoir-faire traditionnels.
Le lapis-lazuli : un bleu sacré
Le lapis-lazuli est une roche métamorphique dont la lazurite fournit le célèbre pigment bleu outremer naturel. Exploité principalement en Afghanistan depuis l’Antiquité, il était extrêmement précieux en raison de sa rareté et de l’intensité de son bleu. Très utilisé dans les manuscrits enluminés et les peintures du Moyen Âge et de la Renaissance, il était souvent réservé aux éléments les plus prestigieux. Son coût élevé en faisait l’un des pigments les plus recherchés par les artistes.


Le lapis-lazuli : le roi des bleus
Roche silicatée à base de lazurite, Chili
Collection Musées de Lons-le-Saunier, inv. 2017.00.40
© Cl. S. Bourgeois, Musées de Lons-le-Saunier / D. Vuillermoz
Bleu d’azur : l’azurite
L’azurite est un pigment minéral naturel recherché pour sa couleur bleue. Utilisée depuis l’Antiquité jusqu’à la Renaissance, elle servait à la peinture murale, aux manuscrits enluminés et aux tableaux. Son coût inférieur à celui du lapis-lazuli en faisait une alternative appréciée pour les bleus intenses. L’azurite peut se transformer progressivement sous l’effet de l’humidité, du dioxyde de carbone et de certaines conditions chimiques. Cette altération provoque la formation de malachite, un minéral vert, ce qui explique le changement de couleur observé dans certains tableaux anciens.


Azurite
Carbonate de cuivre, Chessy (Rhône)
Collection Musées de Lons-le-Saunier, inv. 2017.00.777
© Cl. D. Vuillermoz, Musées de Lons-le-Saunier
Malachite
La malachite est un pigment minéral naturel offrant une couleur verte intense. Exploitée depuis l’Antiquité, elle a été largement utilisée en peinture murale, enluminure et peinture de chevalet. Sa teinte varie du vert clair au vert foncé selon la finesse du broyage. Appréciée pour son origine naturelle, elle reste toutefois sensible à certains agents chimiques ce qui limite son usage en superposition. Elle constitue un pigment emblématique des arts de l’Égypte ancienne, du Moyen Âge et de la Renaissance.


Malachite
Carbonate de cuivre, Chessy (Rhône)
Collection Musées de Lons-le-Saunier, inv. 2017.00.772
© Cl. D. Vuillermoz, Musées de Lons-le-Saunier
Orpiment
L’orpiment est un pigment minéral naturel, sulfure d’arsenic, caractérisé par sa couleur jaune doré éclatante. Utilisé depuis l’Antiquité en peinture, enluminure et décoration, il était apprécié pour sa luminosité exceptionnelle. Cependant, sa forte toxicité due à l’arsenic et son instabilité au contact de certains pigments ont limité son emploi.


Orpiment
Sulfure d’arsenic, sans provenance
Collection Musées de Lons-le-Saunier, inv. 2017.00.527
© Cl. S. Bourgeois, Musées de Lons-le-Saunier / D. Vuillermoz
Cinabre : couleur de sang
Le cinabre est un pigment minéral naturel reconnaissable à sa couleur rouge vif. Utilisé depuis l’Antiquité, il servait à la décoration des fresques, manuscrits et objets de prestige. Très apprécié pour son éclat et son pouvoir couvrant, il était aussi transformé en vermillon, son équivalent synthétique. En raison de sa toxicité liée au mercure, son usage a fortement diminué à l’époque moderne.


Cinabre
Sulfure de mercure, Almaden (Espagne)
Collection Musées de Lons-le-Saunier, inv. 2017.00.851
© Cl. S. Bourgeois, Musées de Lons-le-Saunier / D. Vuillermoz
