EXPOSITION # 81

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Note : 5 sur 5.

Francisco de Goya. Maîtrise intemporelle.

L’œuvre graphique de Francisco de Goya (1746–1828) est encore considérée comme révolutionnaire et offre une vision sans filtre de la société espagnole de son époque. À l’occasion d’EUROPALIA ESPAÑA, le Museum De Reede présente une sélection spéciale issue de sa propre collection. Sont exposées 70 estampes provenant des séries Los Caprichos, Los Disparates, La Tauromaquia et Los Desastres de la Guerra. Ces œuvres graphiques révèlent Goya comme l’un des premiers artistes véritablement modernes : observateur attentif, critique social et dénonciateur infatigable de l’injustice et de la cruauté. Ses images transcendent le temps et l’espace, abordant des thèmes qui restent puissants et d’une grande actualité aujourd’hui. L’exposition offre aux visiteurs non seulement une occasion unique de découvrir de près les magistrales estampes de Goya, mais aussi de comprendre comment son regard critique et son imagination visuelle continuent de nous émouvoir, des siècles plus tard.

Goya a vécu à une époque marquée par les révolutions, la censure et la violence de la guerre. En tant que peintre de cour, il connaissait le pouvoir des images entre les mains des puissants. Dans les séries graphiques présentées, il choisit d’adopter le point de vue des victimes. Par ses estampes, il donna une voix aux sans-défense — citoyens, paysans, femmes et enfants touchés par la guerre et l’instabilité. Il devint ainsi une figure exemplaire de l’engagement social et démocratique dans les arts. Le choix de l’art graphique, grâce à sa capacité de reproduction et de diffusion, constituait également le médium idéal pour incarner cette nouvelle attitude face à la réalité. En ce sens, Goya fut un précurseur de la culture visuelle moderne. Son œuvre montre comment les images peuvent exercer une influence durable sur notre manière de penser, de ressentir et de juger.

Deux siècles plus tard, les estampes de Goya demeurent d’une saisissante pertinence. L’immédiateté brute de sa pointe d’eau-forte, son empathie pour la vulnérabilité humaine et sa critique acerbe du pouvoir et de la manipulation font écho aux grands enjeux de notre époque. Dans un monde à nouveau marqué par la guerre, la désinformation et la polarisation, l’urgence morale de Goya résonne avec une force renouvelée.

Exposition Goya au Museum De Reede © Museum De Reede

Exposition Goya au Museum De Reede © Museum De Reede

Note : 5 sur 5.

UNE SÉLECTION D’ŒUVRES

Note : 5 sur 5.

Los Caprichos

Francisco de Goya (1746–1828), Les Caprices, n°1, Autoportrait.
Collection Museum De Reede, Anvers © Museum De Reede, Anvers

Dans cette première estampe des Caprichos, Goya se présente comme l’artiste de l’œuvre ambitieuse qui s’offre à nous. Il ne s’agit toutefois pas d’un accueil chaleureux et sans équivoque. Il est même trop fier pour se retourner et nous regarder directement : il ne montre que son profil. Les commissures de sa bouche sont impitoyablement tirées vers le bas, mais c’est son unique œil visible qui exprime le plus : il regarde avec méfiance, esprit critique et lassitude.

Note : 5 sur 5.

La Tauromaquia

Francisco de Goya (1746–1828), La Tauromachie, n°5,
Le fougueux Maure Gazul est le premier
à mettre à mort des taureaux selon les règles avec une lance.
Collection Museum De Reede, Anvers © Museum De Reede, Anvers

Un cavalier maure, connu sous le nom de Gazul, s’élance dans l’arène et enfonce sa lance dans un taureau qui charge. Goya renforce le caractère dramatique de la scène en détachant la figure vêtue de blanc et le cheval cabré sur un fond sombre ; l’animal semble presque plier sur ses jarrets tandis que le cavalier se penche en avant, évoquant les récits chevaleresques des guerriers musulmans. Que Gazul soit un héros légendaire ou un personnage issu des romances mauresques, la scène rappelle les origines multiculturelles de la tauromachie, ainsi que le mélange de faste et de violence qui la caractérise.

Note : 5 sur 5.

Los Desastres de la Guerra

Francisco de Goya (1746–1828), Les Désastres de la guerre, n°1,
Sombres pressentiments de ce qui va advenir.

Collection Museum De Reede, Anvers © Museum De Reede, Anvers

Un homme solitaire, vêtu de haillons, s’agenouille dans l’obscurité, les bras tendus, et lève les yeux avec désespoir. L’aquatinte ombrageuse de Goya crée une brume menaçante prête à engloutir la figure, allusion à la tragédie imminente de la guerre. La posture vulnérable, presque christique, et le regard troublant de l’homme traduisent l’angoisse face à l’éclatement du conflit — une vision prémonitoire de la violence à venir.

Note : 5 sur 5.

INFORMATIONS PRATIQUES POUR LES VISITEURS

Quoi ?
Francisco de Goya. Maîtrise intemporelle.
Cette exposition est organisée par le Museum De Reede, dans le cadre du Festival Europalia España (europalia.eu).